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À Évry, Genopole veut ouvrir la bonne porte aux chercheurs

Genopole rejoint le PUI de Paris-Saclay pour mieux relier recherche, biotech, start-up et plateformes à Évry-Courcouronnes.

Illustration - laboratoire biotech à Évry

À Genopole, une découverte ne devient pas une entreprise parce qu’un chercheur a eu une bonne idée. Il faut des équipements, un brevet, un financeur, parfois un incubateur, souvent plusieurs rendez-vous pour comprendre qui peut aider, quand, et sur quoi.

C’est sur ce parcours que Genopole veut peser davantage. Le biocluster d’Évry-Courcouronnes a rejoint le Pôle universitaire d’innovation Innovation Alliance Université Paris-Saclay, un programme financé à hauteur de 11 millions d’euros dans le cadre de France 2030. Son objectif : rendre plus direct le passage entre recherche publique, transfert de technologies, entreprises et jeunes pousses issues des laboratoires.

L’annonce n’a rien d’un changement visible dans la rue. Elle compte pourtant pour l’Essonne, parce qu’elle relie plus nettement deux forces locales qui ne jouent pas le même rôle. Saclay concentre une partie de la puissance académique et institutionnelle. Évry-Courcouronnes apporte un terrain biotech déjà constitué, avec 78 entreprises de biotechnologie, 16 laboratoires académiques et 23 plateformes mutualisées.

La question n’est donc pas seulement de “valoriser la recherche”, formule utile, mais froide. Elle est de savoir si une équipe qui travaille sur une technologie peut trouver plus vite la bonne suite : tester une piste, protéger une invention, rencontrer un industriel, passer par un incubateur, accéder à une plateforme ou préparer une montée en échelle.

L’Université Évry Paris-Saclay donne déjà un exemple de cette logique avec le parcours Innov’Action, ouvert en 2026 aux étudiants, doctorants, laboratoires, entreprises et associations. Le dispositif prévoit une mise en relation en mars, un accompagnement jusqu’en septembre, puis une présentation des projets lors des Journées Innovation et Transfert Technologique en octobre. On est loin du grand récit magique où une idée sort du labo pour devenir une licorne en quelques semaines. Ici, on parle de tutorat, de propriété intellectuelle, de prototypes, de stages, de partenaires et de portes à pousser dans le bon ordre.

Le contexte national donne la pression de fond. La France veut faire émerger 500 start-up deeptech par an d’ici 2030. Ce chiffre peut vite devenir abstrait. À Évry, il se traduit plus simplement : les découvertes ont besoin d’un chemin moins confus entre la paillasse, le bureau du transfert, les équipements et le marché.

Cela prolonge un sujet déjà très concret sur le territoire. Comme La Clé Publique l’a raconté récemment avec la bioproduction à Évry-Courcouronnes, la biotech locale passe aussi par des flacons, des salles, des plateformes et des gestes techniques. Le PUI ajoute une pièce moins visible : l’organisation.

C’est moins photogénique qu’un nouveau bâtiment. Mais pour une jeune pousse scientifique, savoir à quelle porte frapper peut parfois valoir beaucoup de temps. Et dans les biotechs, le temps coûte cher, même quand la décision se prend loin des paillasses.