
La Clé Publique a commencé par les départements.
Une école qui ouvre, une usine qui recrute, une rivière qui manque d’eau, un hôpital qui se réorganise ou une ligne électrique qui sature disent souvent davantage sur la France réelle qu’une journée de déclarations politiques.
C’est là que nous continuerons de regarder en premier.
Mais à force d’observer les territoires, les mêmes questions remontent. Pourquoi construit-on si peu ? Pourquoi certains services fonctionnent-ils mal malgré les moyens engagés ? Comment produire davantage tout en décarbonant ? Comment financer durablement ce que nous demandons à l’État ?
À l’approche de la présidentielle de 2027, ces questions vont devenir des choix politiques. Les candidats proposeront leurs réponses par l’impôt, la dépense, l’investissement, la réglementation ou la réforme. Certaines seront solides. D’autres partiront d’un vrai problème pour lui apporter une mauvaise solution.
Le premier grand débat de la campagne nous en donne déjà un aperçu. Jeudi, sept candidats ont passé plus de trois heures devant le Medef à parler de dette, de fiscalité, d’industrie, de travail et de simplification.
Les milliards n’ont pas manqué dans les promesses. Leur provenance, beaucoup moins.
Pour notre premier article national, nous avons préféré regarder ce qu’ils sont censés permettre.
La France dispose déjà d’une électricité très largement décarbonée, d’une forte épargne, d’infrastructures, de compétences et d’un immense marché européen. Elle connaît pourtant une croissance faible, construit trop peu, peine à faire grandir certaines entreprises et dépense beaucoup sans toujours obtenir les résultats attendus.
D’où une question assez différente de « qui a gagné le débat ? » :
qu’est-ce que la France saura mieux faire en 2032 qu’elle ne sait faire aujourd’hui ?
Construire des logements. Former des techniciens. Faire grandir une entreprise. Remplacer du pétrole importé par notre électricité. Prendre une décision publique puis l’exécuter.
Et savoir si nous progressons réellement.
Le PIB, la dette et le niveau de vie comptent. Ils ne disent simplement pas tout. Le prix du logement, ce que savent les élèves, la qualité des soins, notre dépendance énergétique ou le temps nécessaire pour mener un projet à terme disent eux aussi quelque chose de l’état du pays.
L’édition nationale suivra ces résultats, mais aussi les décisions, les contraintes et les systèmes qui les expliquent. Une proposition pourra venir de droite, de gauche ou d’ailleurs : nous regarderons si son diagnostic tient, si elle peut fonctionner, ce qu’elle coûte et ce qu’elle permet réellement d’obtenir. Il faudra parfois conclure qu’une idée séduisante ne tient pas, parfois reconnaître qu’une proposition inattendue mérite mieux que les réflexes de camp, et souvent accepter qu’un problème sérieux n’ait pas de solution gratuite.
Nous avons commencé par les départements pour voir la France telle qu’elle fonctionne réellement.
National reliera désormais ce que nous y observons aux choix qui engagent tout le pays.
— La Clé Publique