
Le Calvados a un problème enviable : tout le monde croit déjà le connaître.
Les plages du Débarquement, Deauville, Honfleur, Bayeux, les pommiers, les haras. Peu de départements disposent d’un imaginaire aussi immédiatement reconnaissable. Peu sont aussi souvent réduits à cet imaginaire.
Le territoire réel est plus vaste, plus productif et moins lisse. Le Calvados rassemble un peu plus de 709 000 habitants dans 526 communes, sur environ 5 534 km². Caen et son agglomération en constituent le centre principal, mais le département ne s’arrête pas à son périphérique. Il y a le Bessin, la côte de Nacre, la Côte fleurie, le pays d’Auge, les plaines agricoles, Lisieux, Falaise, Vire et tout un réseau de bourgs, de ports et de villages qui vivent à des rythmes très différents.
Ici, les mêmes paysages doivent remplir plusieurs fonctions à la fois. Ils doivent nourrir, produire, loger, attirer, protéger et transmettre. La mer est un horizon touristique, un axe économique et une menace pour les côtes. La campagne est à la fois un lieu de travail, un patrimoine et une image vendue au monde. Quant à l’histoire, elle n’est pas enfermée dans les musées : elle façonne encore les routes, les cérémonies, l’économie touristique et le regard porté sur le département.
Le Calvados n’est pourtant pas figé dans son passé. Il a son port, ses industries, son agriculture, son agroalimentaire, ses établissements de recherche, ses entreprises et ses villes qui cherchent leur place entre l’attraction de Caen et celle du littoral. Ses questions sont très actuelles : comment loger ceux qui travaillent sur une côte devenue chère, préserver l’eau et les terres, maintenir les services dans les bourgs, relier les communes autrement que par la voiture, accueillir sans transformer le territoire en décor.
C’est ce Calvados-là que notre édition suivra : non pas une vitrine normande, mais un département habité, productif et soumis à l’étrange responsabilité d’être déjà célèbre.
Notre travail commence précisément là où s’arrête la carte postale.