
Samedi 17 octobre 2026, des individus ont utilisé un rouleau compresseur pour forcer le portail de la police municipale de Caen, devant l’hôtel de ville. Deux véhicules municipaux ont été endommagés. À l’intérieur du bâtiment se trouvaient 30 agents, dont dix agents de surveillance de la voie publique, selon Bruno Coutanceau, adjoint au maire chargé de la sécurité, interrogé par Actu.fr.
Dimanche 18 octobre au matin, la police scientifique procédait à des relevés sur les lieux, selon les déclarations du maire Aristide Olivier rapportées par Actu.fr. Celui-ci avait déposé plainte dès samedi soir. L’attaque s’inscrit dans une journée de mobilisation qui a rassemblé 10 000 personnes selon la préfecture, avant des pillages et des affrontements dans le centre-ville. Le bilan rapporté samedi par ICI Normandie faisait état de 25 interpellations et de sept policiers légèrement blessés, sans confirmation d’un bilan local définitif dimanche après-midi.
Un engin du chantier du tramway contre le portail de la police
L’attaque s’est produite sur l’esplanade Jean-Marie-Louvel, où se trouvent les locaux de la police municipale, à proximité immédiate de l’hôtel de ville.
Selon le reportage d’Actu.fr, repris dimanche par Actu Forces de l’ordre, le rouleau compresseur aurait été pris sur un chantier du tramway. Des individus s’en sont servis pour enfoncer le portail d’accès au site municipal, avant d’endommager deux véhicules.
Bruno Coutanceau se trouvait lui-même dans les locaux. L’adjoint à la sécurité décrit une trentaine d’agents présents au moment des faits, parmi lesquels dix agents de surveillance de la voie publique. Il évoque une situation de piège, les agents se retrouvant derrière un accès attaqué à l’aide d’un engin de chantier.
Le portail a été défoncé, sans qu’il soit établi que les assaillants aient pénétré dans les bureaux occupés par les agents. La police nationale est intervenue, selon le maire.
Caen est engagée depuis avril 2026 dans les travaux d’extension de son tramway, avec plusieurs chantiers ouverts en centre-ville. Comment cet engin aurait été récupéré puis conduit jusqu’à l’entrée de la police municipale reste à établir.
Des pillages après un défilé initialement calme
La mobilisation du 17 octobre réunissait des lycéens, étudiants, syndicalistes et participants au mouvement contre la vie chère. Selon ICI Normandie, le cortège s’est déroulé dans le calme pendant environ deux heures.
Les violences ont ensuite éclaté dans plusieurs secteurs du centre-ville. La préfecture a signalé des tentatives de pillage visant Sephora et JD Sports, des jets de pierres et des tags contre la mairie, la préfecture et la police municipale.
Les journalistes d’ICI Normandie ont constaté le pillage d’une parfumerie. Ouest-France rapporte également des barricades incendiées et des affrontements avec les forces de l’ordre.
La préfecture a notamment fait état d’interventions place Saint-Sauveur et place Guillouard. Les consignes d’évitement diffusées samedi concernaient ces opérations en cours et n’ont pas été reconduites comme consignes générales de circulation dimanche.
L’attaque de la police municipale n’était pas le seul dommage subi par les bâtiments publics. Selon les précisions du maire rapportées dimanche, l’hôtel de ville a été couvert de tags, plusieurs vitres ont été brisées et la salle de la Légion d’honneur a été fracturée. Le bâtiment de l’état civil a également été tagué.
Les auteurs de ces actes ne sont pas identifiés publiquement. La participation au rassemblement ne permet pas, à elle seule, d’attribuer les violences aux manifestants présents dans le cortège.
Une mobilisation anticipée, une attaque d’une autre nature
Les autorités connaissaient la date du rassemblement. Bien que la manifestation n’ait pas fait l’objet d’une déclaration préalable selon la préfecture, des dispositions avaient été prises en amont.
Le préfet avait notamment réglementé le transport et l’utilisation d’armes, d’articles pyrotechniques, de substances inflammables et d’aérosols de peinture dans un périmètre défini. Twisto avait annoncé des perturbations dès le 14 octobre.
Les organisateurs des Équidays avaient également annulé le village équestre et la parade prévus place de la République, en raison du rassemblement annoncé samedi.
Ces mesures ne renseignent toutefois pas sur les conditions dans lesquelles le rouleau compresseur a pu être utilisé contre les locaux de la police municipale, ni sur la protection des agents qui s’y trouvaient.
Deux véhicules municipaux et un portail ont été endommagés. Aucune interruption des patrouilles ou fermeture durable des locaux n’était cependant confirmée dimanche après-midi.
Une plainte et des constatations judiciaires dès le lendemain
Aristide Olivier a porté plainte samedi soir après les dégradations. Dimanche matin, des opérations de police scientifique étaient engagées pour recueillir des indices, selon les informations rapportées par Actu.fr.
L’enquête devra établir les responsabilités dans les dégradations, les pillages et les violences commises au cours de la journée. Concernant l’attaque contre la police municipale, elle devra aussi préciser les circonstances dans lesquelles les agents présents ont été exposés au danger.
Aucune qualification pénale précise concernant cette attaque n’a été confirmée publiquement par le parquet. Les interpellations effectuées samedi ne permettent pas de conclure que les auteurs de l’attaque du portail figurent parmi les personnes arrêtées.
Pour les habitants, les conséquences immédiates touchent également les déplacements. Dans son avis couvrant les 17 et 18 octobre, Twisto indiquait que la plupart des déviations avaient pris fin, sauf celles des lignes 2, 3 et 21 et de la navette du centre-ville. Les voyageurs concernés peuvent consulter les informations de circulation actualisées de Twisto.
Le coût des réparations n’était pas encore établi dimanche après-midi. Sur l’esplanade Jean-Marie-Louvel, les constatations judiciaires doivent maintenant permettre de déterminer comment le portail de la police municipale a été attaqué avec un engin de chantier, et qui en porte la responsabilité.
Sources consultées
- Préfet du CalvadosManifestation à Caen : des violences et des dégradations en marge du rassemblement
- Actu Forces de l'ordreÀ Caen, un rouleau compresseur défonce le portail de la police municipale et endommage deux véhicules
- ICI NormandieMobilisation du 17 octobre à Caen : magasin pillé, police municipale caillassée et des affrontements en fin de journée
- Ouest-FranceManifestation du 17 octobre. Pillages, affrontements, barricades incendiées… À Caen, la mobilisation dégénère
- TwistoManifestation - Centre ville de Caen