
À Valorbiquet, dans le Pays d’Auge, le centre de sauvegarde La Dame Blanche risque de fermer après quarante ans d’activité. L’association doit réunir 60 000 € avant la fin de l’année pour continuer à soigner les animaux sauvages blessés. La menace dépasse le Calvados : selon la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), la Normandie ne compte que deux centres de soins pour la faune sauvage, dont celui de Valorbiquet.
L’autre se trouve en Seine-Maritime, à Allouville-Bellefosse. Si La Dame Blanche disparaissait, il n’existerait plus de centre de sauvegarde dans le Calvados, la Manche ou l’Orne.
Soigner un animal sauvage pour lui rendre sa liberté
La Dame Blanche n’est pas un refuge où les animaux viennent passer le reste de leur vie. Depuis 1986, son centre Guillaume Bertran recueille des animaux blessés, affaiblis ou orphelins pour les soigner, les rééduquer et, lorsque leur état le permet, les relâcher dans la nature.
Plus de 1 200 animaux y sont accueillis chaque année, en provenance du Calvados, de l’Orne, de l’Eure et de la Manche. L’association estime en avoir pris en charge plus de 25 000 depuis sa création.
Il faut nourrir les jeunes animaux, surveiller leur poids, administrer les traitements, entretenir les espaces de réadaptation et préparer les remises en liberté. Salariés, volontaires et bénévoles se relaient pour que les soins se poursuivent sans interruption.
En septembre 2026, le centre a présenté une application conçue pour suivre les soins de chaque pensionnaire. Sur les tablettes installées dans les salles, chaque intervenant peut noter les traitements, les quantités de nourriture consommées et ses observations pour la personne qui prendra le relais. Les archives de soins conservées depuis 2018 doivent également être numérisées pour permettre, à terme, de comparer les résultats des différents protocoles.
Un savoir-faire de quarante ans, un financement fragile
Dans son appel aux dons, La Dame Blanche affirme ne plus pouvoir assumer durablement les salaires, les soins et la nourriture sans soutien supplémentaire.
L’association invoque la baisse des subventions publiques et les difficultés rencontrées après un été marqué par les canicules. Selon ses propres chiffres, environ 75 % de son budget repose sur les dons privés.
Le centre reçoit pourtant aussi des soutiens publics ciblés. La Région Normandie et l’Union européenne ont notamment contribué à financer son nouvel outil de suivi des soins et la numérisation de ses archives. Ces financements sont affectés au projet numérique, pas aux dépenses courantes.
La Dame Blanche cherche donc 60 000 € d’ici au 31 décembre 2026. Cette somme permettrait de répondre à ses besoins immédiats, sans garantir pour autant sa survie à long terme. L’association indique devoir trouver des financements réguliers, même si l’objectif de la collecte est atteint.
Les habitants qui souhaitent la soutenir peuvent participer à la collecte officielle de La Dame Blanche, notamment par des dons mensuels.
La fermeture n’est pas décidée. Pour l’instant, le centre continue d’accueillir des animaux sept jours sur sept. Toute personne découvrant un animal sauvage en détresse doit d’abord appeler le 02 31 63 91 70, sans se déplacer avant d’avoir joint l’équipe. À Valorbiquet, les soigneurs poursuivent leur travail : rendre à la nature les animaux qui peuvent encore y retourner.
Sources consultées
- Association La Dame Blanche, HelloAsso60 000€ POUR SAUVER LE CENTRE
- Association La Dame BlancheDepuis 1986, au service de la faune sauvage
- LPO NormandieFaune en détresse
- Association La Dame BlancheUne application pour le suivi des soins
- Association CHENEContactez-nous
- Association La Dame BlancheSOS Animal Blessé