
Un ancien puits dont un voisin se souvient, le plan jauni d’une carrière, un affaissement observé autrefois dans un jardin. À Cœur Côte Fleurie, ce type d’information peut désormais rejoindre le travail de cartographie du sous-sol. Du 1er au 13 octobre, l’intercommunalité organise des permanences dans ses douze communes pour retrouver des cavités absentes des inventaires existants.
L’enjeu apparaît lorsqu’un projet de construction concerne l’un de ces terrains. Dans le Calvados, un « indice de cavité » n’est pas nécessairement une cavité déjà explorée : c’est une information géolocalisée faisant soupçonner un risque d’affaissement ou d’effondrement. L’État précise qu’un tel indice peut provenir d’archives, de photographies aériennes, d’une visite de terrain, d’un désordre visible en surface mais aussi d’une enquête orale. Un souvenir d’habitant n’est donc pas une preuve. Il peut être le début d’une vérification.
Pour l’urbanisme, les services de l’État associent des périmètres de sécurité et de vigilance aux indices connus. Dans un périmètre de sécurité, où la présence de vides est jugée probable, un permis de construire peut être refusé tant que des investigations n’ont pas permis de préciser ou d’écarter le risque. Un propriétaire peut faire réaliser sondages ou décapages par un bureau spécialisé et, selon leurs conclusions, obtenir une réduction ou une levée du périmètre.
Cœur Côte Fleurie cherche donc à réduire les angles morts de cette cartographie. L’étude lancée sur les douze communes doit recenser les indices de cavités souterraines et à ciel ouvert, définir les périmètres de risque associés et intégrer ses résultats au futur PLUi-HM. Elle a été confiée à la société EXPLOR-E pour 86 750 € HT.
Le Calvados compte des milliers d’ouvrages souterrains abandonnés, issus notamment de l’extraction de marne, de pierre ou de minerais. Beaucoup ont été oubliés. Même la cartographie tenue par les services de l’État n’est pas exhaustive : elle rassemble seulement les indices connus et suffisamment localisés.
La mémoire locale devient ainsi une source parmi d’autres, à côté des archives, des photos anciennes et du terrain. Le Code de l’environnement prévoit d’ailleurs que toute personne connaissant une cavité susceptible de menacer personnes ou biens, ou même un indice pouvant en révéler une, en informe le maire.
Les habitants disposant d’un souvenir, d’un document ou d’un ancien plan peuvent consulter les permanences et transmettre leurs informations. Lundi 5 octobre, Saint-Pierre-Azif accueillera ainsi les habitants de sa commune et de Vauville. Une vieille histoire de puits ne modifiera pas à elle seule un permis de construire. Mais si elle permet de retrouver un vide oublié sous le sol, elle peut finir par changer très matériellement ce qu’il sera possible de bâtir au-dessus.
Sources consultées
- Communauté de Communes Cœur Côte FleurieAppel à la population : Recensement des cavités souterraines
- Communauté de Communes Cœur Côte FleurieRecensement des indices de cavités souterraines et à ciel ouvert sur le territoire
- Préfecture du CalvadosOù trouver l’information sur les cavités
- Préfecture du CalvadosLa prise en compte du risque lié aux cavités dans l’aménagement
- LégifranceArticle L563-6 du Code de l’environnement