
Du 5 au 11 octobre, les guerres d’Ukraine, du Darfour, d’Afghanistan, du Liban ou du Proche-Orient vont entrer dans des lieux ordinaires de Bayeux. Des photographies seront accrochées à l’Hôtel du Doyen, à la Galerie Medusa, dans une maison à pan de bois ou directement dans l’espace public. La Halle ô Grains accueillera des reporters et des débats. Place Gauquelin-Despallières, un pavillon temporaire recevra la remise des prix.
La 33e édition du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre reste une compétition internationale de journalisme. Mais l’événement est devenu autre chose pour la ville qui l’a créé. En 1994, à l’occasion du 50e anniversaire du Débarquement, sa première édition tenait sur une seule journée et n’accueillait que huit médias invités. Trente-deux ans plus tard, le Prix s’étend sur une semaine et revendique un rendez-vous grand public fait d’expositions, de projections, de rencontres et de débats.
Jeudi 8 octobre à 17 heures, Reporters sans frontières dévoilera boulevard Fabian Ware la nouvelle stèle du Mémorial des reporters. Cinquante-six noms ont été gravés dans le marbre blanc pour la période 2025-2026, dont ceux de 17 journalistes tués depuis le début de l’année. Parmi les personnes honorées, 27 sont des journalistes palestiniens ou libanais et sept ont été tuées au Mexique. La cérémonie, en accès libre, marquera aussi les vingt ans de l’assassinat d’Anna Politkovskaïa, en présence de son fils Ilya Politkovsky.
À quelques rues de là, d’autres reporters parleront au présent. La journaliste canadienne de la BBC Lyse Doucet, lauréate du Prix en 2014, présidera le jury 2026. Expositions et rencontres feront entrer dans la ville des travaux réalisés en Iran, en Afghanistan, au Darfour, au Liban ou dans les territoires palestiniens. Bayeux réunit ainsi dans les mêmes rues la mémoire des journalistes morts et le travail de ceux qui continuent à couvrir les conflits.
Cette transmission ne s’arrête plus aux portes de Bayeux. Une programmation scolaire existe depuis 1996. Du 5 au 8 octobre, l’Inter’Act Tour passera cette année par les collèges des Monts d’Aunay, de Tilly-sur-Seulles et de Dives-sur-Mer. Des personnes réfugiées y rencontreront les élèves, autour de témoignages, d’ateliers et même de repas préparés avec un chef réfugié et les équipes de restauration scolaire. Le Prix fait ainsi entrer l’actualité internationale dans des classes du Calvados, loin des seules salles de Bayeux.
Le public pourra aussi assister samedi aux rencontres et tables rondes organisées à la Halle ô Grains. La rencontre avec Lyse Doucet est gratuite, mais il faut réserver une place, dans la limite des disponibilités. La remise des prix débutera à 18 h 30 au pavillon de la place Gauquelin-Despallières ; elle nécessite elle aussi une réservation préalable.
Le Prix était né d’une mémoire locale de la guerre. Bayeux en a fait, avec les années, un lieu où les conflits contemporains sont montrés, racontés et discutés. Jeudi après-midi, cette continuité aura une forme particulièrement simple boulevard Fabian Ware : de nouveaux noms apparaîtront dans le marbre pendant qu’ailleurs dans la ville, d’autres journalistes raconteront les guerres dont ils reviennent.
Sources consultées
- Prix Bayeux Calvados-NormandieProgramme 2026
- Prix Bayeux Calvados-NormandieArchives 1994
- Prix Bayeux Calvados-NormandieMémorial des reporters
- Prix Bayeux Calvados-NormandieActions scolaires
- Prix Bayeux Calvados-NormandieLyse Doucet, présidente du jury de la 33e édition
- Prix Bayeux Calvados-NormandieSoirée de remise des prix