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À Goustranville, Hippik veut mesurer ce que l’œil des professionnels du cheval observe déjà

À Goustranville, la start-up Hippik développe une intelligence artificielle capable d’analyser la morphologie des chevaux pour apporter des mesures aux professionnels de la filière équine.

Illustration - cheval analysé par IA

À Goustranville, un cheval peut désormais passer par une autre forme d’examen : une photographie et quelques secondes d’analyse informatique. La jeune entreprise Hippik développe une plateforme qui mesure la conformation équine grâce à l’intelligence artificielle. L’objectif n’est pas de remplacer l’œil d’un professionnel, mais de lui fournir des données comparables pour appuyer son jugement.

Dans l’élevage, les ventes ou la sélection des chevaux de sport et de course, l’observation de la morphologie occupe une place importante. Un professionnel regarde l’équilibre général d’un animal, ses aplombs, ses proportions, sa musculature. Une partie de cette expertise reste difficile à transmettre ou à comparer d’un observateur à l’autre. C’est précisément cet espace qu’Hippik cherche à documenter.

Le fonctionnement est volontairement simple : l’utilisateur fournit une photographie latérale du cheval. Le système identifie plusieurs points anatomiques puis calcule des mesures biomécaniques et morphologiques. Hippik annonce notamment une vingtaine d’indicateurs, une comparaison avec une population de référence et la production d’un rapport exploitable par les professionnels.

Le gain recherché n’est donc pas une décision prise par une machine. La plateforme se présente plutôt comme un outil de comparaison. Un courtier peut documenter une analyse avant une vente, un éleveur suivre l’évolution de sa production, ou un professionnel conserver une trace chiffrée d’une observation. L’entreprise indique que l’expert reste celui qui interprète les résultats.

La difficulté est aussi là : transformer une appréciation visuelle en données utiles ne consiste pas seulement à mesurer un cheval. Il faut déterminer quelles mesures ont réellement une valeur pour les professionnels, comment les comparer et comment elles s’intègrent dans des décisions qui dépendent aussi de la génétique, de l’entraînement ou du potentiel sportif.

Hippik a été créée en 2026 par Judith Nikly et Théo Fleury. La société est installée à Goustranville, au cœur d’un territoire qui accueille déjà des activités de recherche, de formation et de santé autour du cheval. Ce choix de localisation explique une partie du projet : l’intelligence artificielle n’arrive pas ici dans un territoire extérieur au monde équin, mais dans un lieu où professionnels, chercheurs et entreprises travaillent déjà autour du même animal.

La plateforme est encore en phase de déploiement. Hippik cherche désormais à convaincre les utilisateurs de terrain que ces mesures apportent une information utile dans leurs choix quotidiens.

À Goustranville, le pari est donc moins de remplacer le regard du cavalier ou de l’éleveur que de lui ajouter une nouvelle mémoire : celle des données capables de comparer un cheval à des milliers d’autres.

Sources consultées
  1. HippikAnalyse de Conformation Équine par IA en 30s
  2. HippikÀ propos | Hippik, analyse de conformation équine par IA
  3. PappersSociété HIPPIK (106881642)