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Sécheresse : du Virois à Caen, trois ressources en eau sous pression

Cours d’eau encore à sec dans le Virois, nappe proche de son plus bas connu dans le Bessin, Orne en baisse : trois fragilités différentes du système d’eau du Calvados.

Illustration des ressources en eau du Calvados

Dans le Virois, nombre de cours d’eau sont encore à sec. Dans le Bessin, la nappe suivie en amont approche son plus bas niveau connu. Plus à l’est, le débit de l’Orne baisse à nouveau. Au 25 septembre, la sécheresse ne frappe donc pas partout de la même manière dans le Calvados : elle met sous pression trois ressources dont les territoires ne dépendent pas de la même façon.

C’est le fait nouveau depuis l’évolution des restrictions décidée le 11 septembre. Les niveaux réglementaires n’ont pas changé : Bessin et Virois restent en crise, Orne moyenne et Orne aval en alerte renforcée. Mais après l’amélioration partielle apportée par les pluies de fin août, les ressources se dégradent de nouveau. Au 25 septembre, septembre 2026 était déjà le mois de septembre le plus sec connu dans le Calvados.

Le Virois est particulièrement exposé parce que sa production d’eau potable dépend très majoritairement des eaux superficielles. Quand les rivières s’affaiblissent, cette ressource réagit directement. Fin septembre, les services de l’État relevaient de nombreux cours d’eau toujours en assec, des sols à un niveau record de sécheresse et des réserves qui continuaient de diminuer.

Dans le Bessin, la faiblesse est différente. Elle se trouve aussi sous terre. Les pluies de fin août avaient fait remonter certains cours d’eau, mais n’avaient pas amélioré les nappes. Le 25 septembre, le niveau de la nappe suivie dans l’amont du Bessin était le plus bas observé parmi les nappes suivies du département et proche de son minimum connu. Les débits de la Seulles et de la Drôme baissaient de nouveau.

Plus à l’est, l’Orne alimente l’usine de potabilisation de Louvigny alors que son débit repart à la baisse. Cette installation dessert environ 130 000 habitants et assure plus de 40 % des quelque 21 millions de mètres cubes produits chaque année par Eau du bassin caennais. Le syndicat dispose aussi de 44 forages actifs et de deux zones de captage de sources.

La situation dépasse d’ailleurs le seul Calvados. Dans son bilan publié fin septembre, la DREAL juge l’étiage 2026 exceptionnellement sec sur les cours d’eau normands. Dans l’ouest de la région, les très faibles débits observés pendant l’été ont au mieux approché ceux de 2022 et sont assez souvent tombés encore plus bas. Le 25 septembre, l’Orne à Grimbosq, la Seulles à Juvigny-sur-Seulles, l’Odon, la Vire ou encore la Souleuvre figuraient parmi les stations classées « extrêmement sèches ».

Les restrictions servent ainsi à protéger des réserves qui ne s’épuisent ni au même endroit ni au même rythme. Dans le Virois, l’urgence se voit dans les lits de cours d’eau asséchés. Dans le Bessin, elle se mesure dans une nappe proche d’un minimum connu. Autour de Caen, elle atteint l’Orne, l’une des principales ressources d’un système qui alimente quotidiennement une grande partie de l’agglomération.

Sources consultées
  1. Préfecture du CalvadosSécheresse - Ressource en eau et ses usages dans le Calvados
  2. DREAL NormandieLes bulletins de situation hydrologique de 2026
  3. DREAL NormandieCarte dynamique de la situation hydrologique normande
  4. Eau du Bassin CaennaisLa production d’eau potable
  5. Eau du Bassin CaennaisSécheresse - Ressource en eau et ses usages dans le Calvados
  6. Eau du Bassin CaennaisJournées européennes du patrimoine - Portes ouvertes à l’usine de l’Orne