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À Saint-Contest, quelques crins suffisent à révéler le « Mushroom » des Shetlands

Un poney peut transmettre l’allèle responsable de la robe Mushroom sans jamais l’arborer. LABÉO propose dans le Calvados un test pour repérer ces porteurs invisibles.

Crins de poney et test génétique

À Saint-Contest, LABÉO propose désormais un test génétique consacré au « Mushroom », cette robe beige à sépia connue chez le poney Shetland. Quelques crins arrachés avec leur bulbe peuvent suffire. L’intérêt est moins de confirmer une couleur déjà visible que de repérer les poneys qui portent l’allèle sans en avoir l’apparence.

Le Mushroom se transmet en effet sur un mode récessif. Avec une seule copie de l’allèle, le poney est porteur mais sa robe ne présente pas cette dilution. Avec deux copies, la dilution peut s’exprimer, notamment sur une base alezane. Deux porteurs ont donc, à chaque naissance, 25 % de probabilité d’avoir un poulain possédant deux copies. Pour un éleveur qui sélectionne aussi ses accouplements selon les robes recherchées, l’ADN donne ainsi une information que l’observation de l’animal ne livre pas.

La génétique derrière cette couleur n’est pas une découverte calvadosienne. En 2019, une équipe internationale a identifié dans le gène MFSD12, sur le chromosome 7, une variation associée à la dilution Mushroom. Dans l’étude publiée dans la revue Genes, cette variation était parfaitement concordante avec le phénotype chez 96 poneys Shetland étudiés et absente de 252 chevaux de sept autres races où le Mushroom n’était pas signalé.

Depuis, le test existe dans d’autres laboratoires, notamment au Veterinary Genetics Laboratory de l’université de Californie à Davis. Son arrivée au catalogue de LABÉO relève donc de l’application plutôt que de la percée scientifique. Elle permet aussi de distinguer le Mushroom d’autres mécanismes génétiques pouvant produire des robes visuellement proches. L’IFCE souligne plus largement que l’apparence d’un cheval ne suffit pas toujours à déduire les allèles de coloration qu’il possède.

À Saint-Contest, l’analyse est affichée à 46,09 € TTC en 2026, avec un délai annoncé de dix jours ouvrés. LABÉO accepte notamment le sang, les crins ou poils avec bulbes pileux. Le test concerne la sélection des robes, pas le dépistage d’une maladie.

Le test rejoint un catalogue beaucoup plus vaste. La plateforme de génomique de LABÉO, à Saint-Contest, indique réaliser plus de 50 000 analyses de génétique équine par an, des filiations aux maladies héréditaires en passant par les couleurs de robe. Le Mushroom y occupe une place minuscule : à Saint-Contest, quelques crins suffisent désormais à rechercher chez un reproducteur un caractère héréditaire invisible à l’œil.

Sources consultées
  1. LABÉOCouleur de robe : Mushroom
  2. Tanaka et al., GenesFrameshift Variant in MFSD12 Explains the Mushroom Coat Color Dilution in Shetland Ponies
  3. Veterinary Genetics Laboratory, UC DavisMushroom
  4. Institut français du cheval et de l’équitationLaboratoires d'analyses génétiques
  5. LABÉOGénétique/Génomique