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103 génomes, 44 fossiles : Caen participe au nouvel arbre évolutif des chauves-souris

Une étude publiée dans Nature, avec la participation du chercheur caennais Nicolas Nesi, combine génomes et fossiles pour revoir l’histoire des chauves-souris.

Illustration de chauves-souris et fossiles

L’origine des chauves-souris se situerait en Europe à la fin du Paléocène. Cette conclusion, publiée mercredi 23 septembre dans Nature, ne vient pas de la découverte d’un nouveau fossile spectaculaire : elle repose sur la confrontation de 103 génomes de chauves-souris actuelles et de 44 espèces fossiles. Parmi les nombreux auteurs figure Nicolas Nesi, chercheur affilié à l’Université de Caen Normandie et à l’Inserm.

Retrouver le berceau des chauves-souris résistait jusqu’ici aux chercheurs. Les plus anciens fossiles connus, vieux d’environ 52 à 56 millions d’années, ont été retrouvés en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Et le vol, en permettant très tôt de grandes dispersions, a brouillé les pistes géographiques. Selon les méthodes utilisées, de précédents travaux avaient ainsi placé leur origine en Amérique du Nord, en Afrique ou en Asie.

Le consortium international Bat1K a considérablement élargi le matériau disponible. Son étude réunit des génomes de 103 espèces représentant les 21 familles actuelles de chauves-souris, dont 42 nouveaux assemblages de qualité chromosomique. Les chercheurs y ont ajouté une matrice de 699 caractères morphologiques portant sur 65 espèces, parmi lesquelles 44 fossiles antérieurs au Quaternaire. Génétique et anatomie fossile peuvent ainsi être analysées dans un même arbre évolutif.

Le scénario qui en ressort place l’ancêtre commun des chauves-souris en Europe à la fin du Paléocène, avec une probabilité de 99,2 %. Cette origine inférée est antérieure aux plus vieux fossiles actuellement connus. Le modèle ne désigne pas le lieu où aurait été retrouvé un hypothétique « premier spécimen », mais reconstitue la région d’origine la plus probable à partir des données disponibles.

L’étude révise aussi les liens de parenté entre plusieurs grandes familles, longtemps difficiles à stabiliser. Le projet livre surtout un ensemble cohérent de génomes couvrant pour la première fois les 21 familles actuelles, avec des données et des scripts d’analyse mis à disposition des autres chercheurs. Le travail relève de la recherche fondamentale : il améliore l’arbre de référence sur lequel pourront s’appuyer les études de l’évolution des chauves-souris.

Nature attribue à Nicolas Nesi un rôle dans l’acquisition d’échantillons et de données, et non dans les analyses phylogénomiques ou biogéographiques. Ses travaux portent depuis plusieurs années sur la systématique, la phylogéographie et la génomique de ces mammifères. Depuis Caen, sa contribution s’inscrit ainsi dans ce travail collectif par l’apport d’échantillons, de données et d’une expertise spécialisée.

Sources consultées
  1. NatureReference genomes and fossils revise bat family phylogeny and biogeography
  2. DryadData from: Reference genomes and fossils revise bat family phylogeny and biogeography
  3. DYNAMICUREPublications scientifiques