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À Caen, CardiaMetrics veut estimer les pressions intracardiaques à partir de signaux captés sur la peau

Au CHU de Caen, une étude doit inclure 70 patients pour tester si des signaux captés sur la peau permettent d’estimer des pressions intracardiaques.

Illustration - capteur cardiaque et signaux

Au CHU de Caen, la première étude clinique de CardiaMetrics utilise un dispositif posé sur la peau, pas encore le capteur sous-cutané que la medtech veut à terme implanter. L’étude doit inclure 70 patients insuffisants cardiaques : 30 hospitalisés pour une décompensation et 40 pour une évaluation hémodynamique. Leurs signaux électriques et mécaniques cardiaques sont recueillis puis comparés à leur état clinique et à des données biologiques ou hémodynamiques.

L’objectif est inhabituel : ne pas mesurer directement une pression à l’intérieur du système cardiovasculaire, mais apprendre à la déduire d’autres signaux. L’algorithme Mercure développé par CardiaMetrics cherche notamment à estimer les pressions de remplissage du cœur, dont l’augmentation peut précéder de plusieurs jours ou semaines l’aggravation visible d’une insuffisance cardiaque.

Des dispositifs savent déjà surveiller ce phénomène. CardioMEMS, par exemple, mesure quotidiennement la pression dans l’artère pulmonaire grâce à un capteur qui y est implanté par cathétérisme. Des essais cliniques ont montré l’intérêt de cette surveillance pour réduire les hospitalisations chez certains patients. CardiaMetrics poursuit une autre voie : obtenir une estimation exploitable sans installer le capteur dans l’artère pulmonaire.

À Caen, ce principe entre aujourd’hui en validation clinique. En mai, la Région Normandie a attribué 762 674 euros à l’Université de Caen Normandie, au CHU et à CardiaMetrics pour le projet Normandeep M-PULSE. Le programme doit valider Mercure et sa capacité à estimer à distance les pressions intracardiaques. Les premiers travaux issus de l’étude caennaise ont été présentés en février au congrès Technology and Heart Failure Therapeutics de Boston. CardiaMetrics y présente de premiers résultats de faisabilité avec son dispositif cutané, mais ne publie pas dans les documents accessibles les chiffres permettant d’évaluer la précision obtenue.

Le prix i-Lab annoncé le 16 septembre doit notamment financer l’évaluation du futur capteur sous-cutané. CardiaMetrics fait partie des 69 projets retenus sur 569 candidatures en 2026. L’aide peut atteindre 600 000 euros par projet, sans que le montant attribué à l’entreprise soit rendu public. La société veut également poursuivre le développement de ses modèles physiologiques.

Ce changement de support n’a rien d’automatique. Un algorithme entraîné à partir de signaux recueillis sur la peau ne conservera son intérêt que si l’implant sous-cutané capte des données suffisamment riches et reproductibles pour permettre la même estimation. CardiaMetrics, dont le siège est à Caen et qui dispose aussi d’une implantation de recherche à Colombelles, n’en est donc pas encore au déploiement d’un dispositif médical commercialisé. Son système reste expérimental. Au CHU de Caen, l’étape immédiate consiste à montrer sur davantage de patients que Mercure estime suffisamment bien les informations hémodynamiques recherchées, avant de transposer cette approche au futur capteur sous-cutané.

Sources consultées
  1. ClinicalTrials.govEXPLORATORY STUDY OF THE MYHEARTSENTINEL SYSTEM, A CARDIAMETRICS MEDICAL DEVICE — NCT07345533
  2. Région NormandieCommission permanente du 26 mai 2026
  3. Ministère de l’Enseignement supérieur et de la RechercheFrance 2030 : 109 lauréats récompensés lors de la cérémonie 2026 des concours d’innovation de l’État
  4. CardiaMetricsCardiaMetrics présente ses premiers résultats scientifiques au congrès Technology and Heart Failure Therapeutics à Boston
  5. Heart Failure Association of the European Society of CardiologyRemote pulmonary artery pressure-guided management of patients with heart failure