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À Vauville, le camping veut plus que doubler sa surface aménagée pour viser cinq étoiles

L’Orée de Deauville passerait de 175 à 260 emplacements et intégrerait 4,79 hectares cultivés. Avant décision sur le permis, son dossier doit encore répondre aux réserves environnementales.

Camping agrandi dans le bocage de Vauville

À trois kilomètres de Deauville, l’Orée de Deauville veut changer d’échelle. Sa surface aménagée passerait de 3,9 à 8,7 hectares, avec 4,79 hectares aujourd’hui cultivés intégrés au camping. La capacité progresserait plus modestement, de 175 à 260 emplacements. L’écart résume le projet : il ne s’agit pas seulement d’ajouter 85 emplacements, mais de transformer le site pour viser un classement cinq étoiles.

Une bonne partie des hectares supplémentaires servirait ainsi à autre chose qu’aux emplacements. Le programme prévoit notamment un nouveau complexe aquatique, une cafétéria et un restaurant, des commerces, une aire de jeux intérieure, des espaces de bien-être, de coworking et de séminaire. L’ensemble du site atteindrait 9,9 hectares en comptant 1,2 hectare de bois conservé. Le chantier est évalué à 19 à 27 mois, mais aucun permis d’aménager n’a encore été délivré.

Une première version du projet a été soumise à évaluation environnementale en mai 2024. Une version modifiée a été redéposée en novembre, puis de nouveau soumise à évaluation en janvier 2025. Le permis d’aménager reste aujourd’hui en instruction, avec une participation du public organisée avant la décision.

Le dossier actuel prévoit de conserver le bois, de replanter 330 mètres de haies pour 110 mètres supprimés et d’ajouter 1 700 arbres et arbustes. Les eaux pluviales seraient principalement infiltrées sur place. Mais la Mission régionale d’autorité environnementale estime que certaines démonstrations restent incomplètes : les fonctions écologiques des haies supprimées sont insuffisamment caractérisées et les chauves-souris n’ont pas fait l’objet des écoutes nocturnes qui permettraient de savoir lesquelles fréquentent réellement le site.

Le trafic constitue l’une des hypothèses les plus discutées du dossier. Malgré la hausse de capacité, l’étude de mobilité table sur 25 % de véhicules en moins sur le site qu’avant la fermeture de son parking, soit 208 véhicules. Ce scénario suppose notamment que 20 % des clients arrivent en train, avec quatre rotations quotidiennes de navette vers la gare. Pour la MRAe, ces prévisions ne sont pas réalistes compte tenu des nouveaux hébergements et de la circulation estivale sur la RD27. Elle demande également de reprendre l’étude acoustique, une partie des mesures ayant été réalisée alors que le camping n’était pas en activité.

Le choix de monter en gamme n’a rien d’exotique dans le Calvados. En 2025, 60,5 % des emplacements de camping du département se trouvaient dans des établissements quatre ou cinq étoiles, contre 39,6 % à l’échelle normande. Le camping représentait aussi près de 35 % des nuitées enregistrées dans les hébergements touristiques marchands du Calvados. À Vauville, l’évolution proposée pousse donc plus loin un modèle déjà très présent sur le littoral, où piscines, services et équipements prennent davantage de place aux côtés des emplacements.

La participation du public se déroulera du 22 septembre à 9 heures au 21 octobre à 17 heures. Les habitants pourront alors consulter le dossier et déposer leurs observations sur le registre dématérialisé, notamment le mémoire par lequel le porteur doit répondre à l’avis environnemental. Après la consultation et la fin de l’instruction, la maire de Vauville pourra délivrer le permis, l’assortir de prescriptions ou le refuser. La décision dira ainsi si, et à quelles conditions, le camping peut s’étendre de 4,79 hectares sur des terres aujourd’hui cultivées à Vauville.

Sources consultées
  1. Préfecture du CalvadosProjet de réaménagement et d’extension du camping de l’Orée de Deauville - Vauville
  2. MRAe NormandieAvis délibéré n° 2026-19107 du 6 août 2026
  3. Communauté de communes Cœur Côte FleurieExtension du camping de l’Orée de Deauville à Vauville - Avis sur l’étude d’impact
  4. InseeDu Mont-Saint-Michel au Tréport : l’attractivité touristique de la Normandie dépend essentiellement de son littoral