
Mardi 1er septembre, 31 804 collégiens feront leur rentrée dans le Calvados, soit 759 de moins qu’un an plus tôt. Dans le même temps, le Département prévoit 60,4 millions d’euros pour sa politique éducative, presque autant que les 60,2 millions annoncés à la rentrée 2025.
Ce décalage tient au fonctionnement même d’un réseau de collèges. Sur les 60,4 millions d’euros, 41,4 millions relèvent du fonctionnement et 19 millions de l’investissement. Le Département doit entretenir 57 collèges publics, rémunérer 534 agents techniques, faire fonctionner les cuisines et chauffer des bâtiments dont les coûts varient beaucoup moins vite que le nombre d’élèves.
Plus de 21 000 collégiens sont demi-pensionnaires et près de 3,1 millions de repas sont préparés chaque année. Les agents départementaux représentent à eux seuls 20,6 millions d’euros. À l’échelle du Calvados, quelques centaines d’élèves en moins ne permettent donc pas de réduire dans les mêmes proportions les cuisines, les personnels ou les mètres carrés.
Le patrimoine scolaire évolue encore plus lentement. À Caen, la restructuration du collège Jean-Moulin, engagée en 2025 pour 15,5 millions d’euros, doit se poursuivre jusqu’au début de 2029. À Douvres-la-Délivrande, celle du collège Clément-Marot, chiffrée à 14,9 millions, vient de commencer pour une livraison prévue à la rentrée 2028. À Fleury-sur-Orne, 1,3 million doit permettre de créer cinq classes supplémentaires au collège Stephen-Hawking.
Ces investissements montrent aussi pourquoi une baisse départementale des effectifs ne se traduit pas mécaniquement par un réseau plus petit. Le Calvados compte 759 collégiens de moins, mais Fleury-sur-Orne prévoit cinq classes supplémentaires : les besoins locaux ne suivent pas tous la même courbe. Le Département doit ainsi adapter ses établissements aux mouvements de population tout en maintenant un équilibre entre collèges urbains et ruraux.
Même le fonctionnement courant augmente. Pour 2026, la dotation de fonctionnement des collèges publics a été portée à 6,25 millions d’euros, en hausse de 6 %, principalement à cause des charges énergétiques. Sur cinq ans, ces dépenses de fonctionnement ont progressé de 20 %. Le Département répond par des travaux plus longs : compteurs connectés, pompes à chaleur et rénovations destinées à réduire durablement la consommation.
La rentrée 2026 n’est ainsi pas celle d’un système qui grossit. C’est celle d’un réseau qui doit continuer à entretenir, rénover et parfois agrandir des équipements construits pour durer plusieurs décennies. À Caen et Douvres-la-Délivrande, les chantiers engagés courent déjà jusqu’à la rentrée 2028 et au début de 2029.