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Dans le Calvados, GENi cherche ce que l’ADN peut vraiment dire d’un cheval

À Saint-Contest et Goustranville, GENi recrute des chevaux pour relier plus de 60 000 marqueurs génétiques à leur carrière sportive et à certaines causes de contre-performance.

Illustration - cheval et génomique équine

À Saint-Contest et Goustranville, le projet GENi recrute encore des chevaux de galop, de trot et de sport. Leur ADN sera analysé à l’aide de plus de 60 000 marqueurs génétiques, puis ces données seront rapprochées de leurs résultats, de leur carrière et de données de santé. L’objectif est de mieux distinguer ce qu’un cheval porte dans ses gènes de ce que son entraînement, son environnement et son histoire feront de lui.

Lire autant de marqueurs n’est pourtant plus, en soi, la difficulté. En France, plus de 11 000 chevaux disposaient déjà d’un typage SNP en 2026. Chez les chevaux de sport, les données génomiques entrent même depuis 2023 dans le calcul des indices génétiques en saut d’obstacles, dressage et concours complet. La filière dispose donc déjà de la technologie. Ce qui manque encore, ce sont des populations assez nombreuses et assez bien documentées pour savoir quelles variations de l’ADN sont réellement associées à un caractère précis.

GENi veut justement affiner ce que les indices actuels résument assez grossièrement. Le programme cherche notamment à distinguer régularité, longévité sportive ou aptitude à certains types d’épreuves, et à identifier des prédispositions génétiques à des causes de contre-performance comme certaines affections respiratoires, musculaires ou vertébrales. Ces indicateurs ne sont pas encore disponibles pour les propriétaires : GENi est un programme de recherche de cinq ans qui constitue et étudie ses cohortes.

D’où l’importance du recrutement actuel. Un marqueur n’est intéressant que si les chercheurs peuvent le comparer à suffisamment de chevaux dont la carrière et la santé sont connues. Les questionnaires de l’INRAE recueillent ainsi numéro SIRE, race, performances et informations vétérinaires. Au 31 août 2026, ils sont toujours ouverts pour les chevaux de sport, les Pur-sang de galop et les trotteurs. Pour les chevaux nés depuis 2022, l’échantillon sanguin conservé lors du contrôle de filiation peut être réutilisé avec l’accord du propriétaire.

Dans le Calvados, le programme s’appuie sur des compétences complémentaires. À Saint-Contest, Normandie Équine Vallée rassemble une plateforme de santé équine et de biotechnologies qui accueille notamment LABÉO et une unité de génomique. À Goustranville, le CIRALE de l’École nationale vétérinaire d’Alfort examine chaque année des chevaux de sport et de course et travaille sur les troubles locomoteurs et les causes de contre-performance. Les deux établissements font partie des partenaires de GENi.

La puce de 60 000 marqueurs existe donc déjà. Le travail de GENi consiste maintenant à lui donner du sens : construire assez de liens fiables entre ADN, performances et santé pour produire des indicateurs plus fins que ceux disponibles aujourd’hui. La campagne ouverte cet été sert précisément à constituer cette population de référence, cheval après cheval, autour des deux sites calvadosiens de Normandie Équine Vallée.

Sources consultées
  1. Institut français du cheval et de l’équitationParticipez au projet GENi : la génomique au service de la performance et de la santé des chevaux
  2. Institut français du cheval et de l’équitation, ÉquipédiaUtilisation des puces SNP
  3. Normandie Équine ValléeUne nouvelle ambition pour la recherche en santé équine : le projet Génomique Équine Normandie
  4. École nationale vétérinaire d’AlfortService locomotion - CIRALE
  5. INRAEQuestionnaires de participation au projet GENi