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À Lisieux, les années Yvette Roudy se lisent encore dans la ville

Du Nautile à l’IUT et à la médiathèque, les années de mairie d’Yvette Roudy restent visibles à Lisieux, où elle fut maire de 1989 à 2001.

Illustration de Lisieux sous Yvette Roudy

Le Nautile accueille toujours les nageurs lexoviens. L’IUT reçoit encore des étudiants et la médiathèque André-Malraux occupe le cœur de la ville. Trois lieux familiers ramènent aux douze années pendant lesquelles Yvette Roudy, morte le 18 août à 97 ans, fut maire de Lisieux, de 1989 à 2001.

La trace la plus facile à suivre est celle du Nautile. Une photographie conservée au Centre des archives du féminisme montre la maquette du futur centre aquatique présentée à Yvette Roudy en 1990. L’équipement est inauguré en 1992, pendant son premier mandat. Musea le rattache explicitement à son action municipale et rapporte qu’elle voulait une piscine pensée aussi pour les familles et le jeu, pas seulement pour aligner les longueurs.

Le Nouveau Monde concentre alors une autre ambition : donner à Lisieux une place dans l’enseignement supérieur. Fin 1992, Le Monde décrit une ville industrielle fragilisée qui parle beaucoup de désenclavement. La formation en constitue l’un des volets et la municipalité a déjà choisi le quartier du Nouveau Monde pour accueillir un département d’IUT. Un rapport du Comité national d’évaluation situe en 1993 la création à Lisieux du département Techniques de commercialisation de l’IUT de Caen. Une photographie des Archives du Calvados montre ensuite Yvette Roudy lors de l’inauguration du quartier du Nouveau Monde en 1994.

Au début des années 1990, Lisieux cherche ainsi à renforcer ses équipements et son offre de formation, tandis que le recul de certaines industries rend plus pressante la question du désenclavement.

À la fin du second mandat, un autre chantier s’ouvre en plein centre-ville. Des fouilles archéologiques précèdent la construction de la future médiathèque André-Malraux et Yvette Roudy en pose la première pierre en 2000. Elle ne l’inaugurera pas comme maire : après l’alternance municipale de 2001, l’équipement ouvre le 21 juin 2002. La publication éditée à cette occasion par la ville précise que le cabinet d’architectes avait déjà été choisi par l’équipe précédente. Le projet se poursuit donc après l’alternance municipale.

Lisieux fut aussi un lieu de militantisme pour l’ancienne ministre. L’Assemblée des femmes, qu’elle fonde en 1992 avec Françoise Durand, y tient pendant plusieurs années ses universités d’été. Son activité municipale et son engagement féministe ne se déroulaient donc pas dans deux mondes séparés : la ville servait aussi de lieu de réunion à un mouvement qui travaillait notamment sur la parité en politique.

La disparition d’Yvette Roudy laisse ainsi à Lisieux autre chose qu’un souvenir de carrière nationale. Ses deux mandats correspondent à une période où la ville se dote, accueille ou prépare plusieurs équipements encore familiers aux habitants. Rue Joseph-Guillonneau, plus de trente ans après son inauguration, le Nautile ouvre toujours ses bassins.

Sources consultées
  1. Archives du CalvadosYvette Roudy
  2. Musea, Université d’AngersMaire de Lisieux (1989-2001)
  3. Le MondeCITÉS LISIEUX, L’espoir du miracle
  4. Bibliothèques de Lisieux NormandieLa Médi@thèque André Malraux de Lisieux, histoire et construction
  5. Communauté d’agglomération Lisieux NormandieCentre Aquatique le Nautile