
À Caen, la montée en puissance du nucléaire normand se prépare aussi dans les salles de cours et les laboratoires. Sur le campus 2, près de 9 000 m² doivent réunir des formations, une halle technologique nucléaire et de nouveaux locaux de recherche, avec une capacité annoncée d’environ 1 000 personnes. Une première livraison consacrée à la formation est prévue en 2031 ; les locaux de recherche doivent suivre dans un second temps.
Deux contrats conclus le 7 août fixent désormais deux missions qui accompagneront le chantier pendant 70 mois. BTP Consultants assurera la coordination sécurité et protection de la santé pour 26 040 euros. Bureau Alpes Contrôles a obtenu la mission de contrôle technique pour 95 600 euros. Ces deux missions doivent commencer le 17 août.
Ces sommes n’ont rien à voir avec le coût du bâtiment lui-même. La Région a lancé en mars un marché de conception-réalisation estimé à 30 millions d’euros hors taxes, tandis que l’université chiffre l’investissement global à 49 millions d’euros. Celui-ci doit être financé par la Région à hauteur de 22 millions, l’Union européenne pour 17 millions, Caen la mer pour 7 millions et le Département du Calvados pour 3 millions.
Le choix du campus 2, à la Côte de Nacre, s’appuie sur une concentration scientifique déjà bien installée. Il accueille notamment le Laboratoire de physique corpusculaire et le CIMAP, à proximité du GANIL. L’université dit former chaque année plus de 1 600 étudiants dans les domaines de l’énergie et du nucléaire et compter environ 250 chercheurs impliqués dans ces activités.
Le nouveau bâtiment doit aussi régler un problème plus banal : l’immobilier scientifique vieillit. Le bâtiment actuel du LPC a été diagnostiqué comme « vieillissant et obsolète » dans les documents budgétaires caennais. Son remplacement doit être associé à une Halle technologique nucléaire de Normandie utilisée par l’UFR des Sciences, l’IUT Mesures Physiques, l’ESIX et l’ENSICAEN. Formation et recherche, aujourd’hui réparties entre plusieurs espaces, doivent ainsi partager des équipements sur un même site.
La construction elle-même sort de l’ordinaire universitaire. L’avis du marché principal mentionne des exigences particulières liées aux rayonnements ionisants, notamment pour l’épaisseur des murs et la ventilation, ainsi que des prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection et des futurs utilisateurs. Au 21 août, aucun avis d’attribution du marché principal n’était publié dans les sources consultées.
Les besoins dépassent largement le campus. Le programme Normandie Nucléaire, Nouvelles Compétences, soutenu par France 2030, vise environ 5 400 personnes formées chaque année à l’horizon 2030. La Région relie cette montée en capacité aux EPR2 prévus à Penly, au Grand Carénage du parc existant et aux investissements d’Orano à La Hague. Parmi les équipements prévus par ce programme figure précisément la halle technologique de l’université de Caen.
Le projet du campus 2 répond donc à deux besoins qui se rencontrent à Caen : remplacer des locaux de recherche devenus inadaptés et créer davantage de capacité de formation pour les recrutements attendus autour des EPR2 de Penly, du Grand Carénage et de La Hague. Après les contrats attribués cet été, la prochaine échéance visible reste 2031, quand les premiers étudiants doivent investir les nouveaux espaces du campus Côte de Nacre.
Sources consultées
- Région Normandie, profil d’acheteurConstruction d'un bâtiment de formation et de recherche dans le domaine de la physique nucléaire sur le Campus 2 à Caen
- TED — Tenders Electronic DailyMission de coordination SPS pour la construction d'un bâtiment de formation et de recherche dans le domaine de la physique nucléaire sur le Campus 2 à Caen (14)
- Université de Caen NormandieL’université de Caen Normandie se dote d’un bâtiment dédié à la recherche et à la formation en physique nucléaire
- Ville de CaenRapport annuel, budget 2026
- Région NormandieProjet Normandie Nucléaire, Nouvelles Compétences