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Sécheresse : l’ouest du Calvados passe en crise pour préserver l’eau potable

Depuis le 14 août, quatre secteurs de l’ouest du Calvados sont en crise sécheresse. Dans le Bocage virois, 85 % de l’eau distribuée vient des rivières.

Illustration - rivière en période de sécheresse

Depuis le 14 août, le Virois, le Bessin, l’Orne Moyenne et l’Orne Aval sont placés en crise sécheresse, le niveau réglementaire le plus élevé. Derrière les interdictions d’arrosage, l’arrêté du 13 août montre surtout une autre tension : plusieurs producteurs d’eau potable du Calvados ont signalé des difficultés sur leurs ressources, au moment où certains cours d’eau franchissent leurs seuils de crise.

Pour les habitants des quatre secteurs concernés, les pelouses et massifs fleuris ne peuvent plus être arrosés. Les potagers peuvent l’être avant 9 h ou après 20 h. Le lavage d’un véhicule à domicile et le remplissage d’une piscine privée sont interdits, hors exceptions prévues par l’arrêté. La Touques reste en alerte renforcée, Dives Amont et Dives Aval en alerte. Ces règles sont prévues jusqu’au 31 octobre, mais l’arrêté peut être levé, modifié ou remplacé avant cette date selon l’évolution de la ressource.

Le changement est substantiel par rapport au passage de la Touques en alerte renforcée au début du mois. Le niveau crise donne une priorité beaucoup plus nette aux usages essentiels : maintenir l’eau potable et les besoins indispensables lorsque les ressources disponibles se réduisent.

Le fonctionnement du Syndicat des Eaux du Bocage Virois donne une mesure physique de cette dépendance. Sur son territoire, près de 85 % de l’eau distribuée est prélevée dans les rivières, principalement la Vire, ses affluents et la Sienne. Quatre prises d’eau en rivière complètent huit forages et sources. Après traitement, 43 réservoirs stockent environ 18 000 m³, soit deux jours de consommation selon le syndicat, avant distribution par 1 700 km de réseau à 22 000 consommateurs.

Cet été, le prélèvement à Moulin Neuf a déjà dû être interrompu. Le débit de la Vire y était devenu trop faible pour respecter le débit minimal laissé à la rivière : le syndicat a cessé d’y prélever le 20 juin et s’est reporté sur la Virène. Le 6 août, il a été autorisé à poursuivre ce prélèvement de secours à Pont de Virène sans pouvoir respecter à son tour le débit réservé en aval. La Vire à Coulonces a parallèlement franchi son seuil de crise, fixé à 0,18 m³/s, le 5 août. La Souleuvre était en assec à Carville depuis le 20 juillet.

Ce mécanisme ne s’arrête pas aux frontières dessinées sur la carte sécheresse. La préfecture relève qu’une part significative de l’eau potable consommée dans l’Orne Aval provient de ressources situées dans l’Orne Moyenne. C’est l’une des raisons pour lesquelles les deux secteurs sont soumis au même niveau de restriction. L’eau distribuée dans une commune peut donc provenir d’un autre secteur hydrographique que celui où elle est consommée.

Aucune rupture d’alimentation n’est signalée dans l’arrêté. Les restrictions servent précisément à préserver cette continuité. Dans le Bocage virois, Moulin Neuf prend normalement son eau dans la Vire et peut se rabattre sur la Virène. Cet été, même cette ressource de secours a nécessité une dérogation.

Sources consultées
  1. Préfecture du CalvadosPassage en crise sécheresse sur l’ouest du département
  2. Préfecture du CalvadosArrêté du 13 août 2026 prescrivant des mesures de restriction d’usage de l’eau
  3. Syndicat des Eaux du Bocage ViroisL’eau potable