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Calvados : certaines jachères deviennent une réserve de secours pour les élevages

Le manque de fourrage n’est pas encore chiffré. La DDTM ouvre sous conditions certaines jachères à la fauche, tandis que le réseau agricole recense besoins et surplus.

Jachère fauchée pour nourrir les troupeaux

La sécheresse n’a pas encore livré son bilan fourrager dans le Calvados. Elle a néanmoins déclenché une réponse de secours : depuis le 22 juillet, la DDTM précise aux éleveurs dans quelles conditions certaines jachères peuvent être fauchées. Déclarées comme infrastructures agroécologiques, ces parcelles ne peuvent normalement pas être valorisées du 1er mars au 31 août. En parallèle, le réseau agricole cherche à mesurer le fourrage disponible et celui qui pourrait manquer.

En 2024, les exploitations du Calvados disposaient de 205 900 hectares de surfaces fourragères pour nourrir 343 200 bovins. Le total comprenait 148 000 hectares de surfaces toujours en herbe et 37 200 hectares de maïs fourrage.

Au printemps et en été, l’herbe nourrit les troupeaux ; le foin, l’ensilage et le maïs remplissent les réserves de l’hiver. Si les prairies produisent moins, les stocks peuvent être sollicités plus tôt. Si le maïs déçoit ensuite, la ressource manque une seconde fois. Au 20 juillet, la pousse cumulée des prairies permanentes françaises était inférieure de 26 % à la moyenne observée entre 1989 et 2018. Dans le Calvados, le même épisode sec a déjà conduit à renforcer les restrictions d’eau selon les bassins.

L’ampleur locale du déficit reste inconnue. La FRSEA et les FDSEA normandes ont donc ouvert un recensement. Les exploitants peuvent déclarer leurs besoins ou leurs disponibilités en maïs ensilage, foin, paille et surfaces pour cultures dérobées. Le questionnaire rassemble les besoins, les surplus et les parcelles susceptibles de produire une ressource supplémentaire à l’automne. Il doit aussi faciliter les échanges entre exploitations.

Pour les jachères, deux procédures existent. L’éleveur peut requalifier une parcelle fauchée en prairie avant le 20 septembre. La préfecture avertit qu’une parcelle maintenue en jachère pendant six ans peut alors être comptée comme prairie permanente, avec un effet possible sur le calcul de l’écorégime. L’éleveur peut aussi demander la reconnaissance d’un cas de force majeure, en justifiant la nécessité de nourrir son cheptel et en désignant les parcelles concernées. Si la demande est acceptée, elles conservent leur statut de jachère.

Cette souplesse libère une ressource de dernier recours ; elle ne fait pas repousser l’herbe et ne garantit pas la récolte du maïs. Aucun résultat départemental n’est encore publié. Le recensement donnera une première mesure des besoins et des disponibilités avant l’hiver.

Sources consultées
  1. Préfecture du CalvadosDérogation à l’interdiction de valorisation des jachères IAE
  2. AgrestePrairies. Au 20 juillet 2026, la pousse de l’herbe devient fortement déficitaire
  3. DRAAF Normandie et AgresteMémento de la statistique agricole de Normandie 2025
  4. FDSEA-FRSEA de NormandieEnquête fourrages été 2026