
À Caen, le Centre François Baclesse présente les capacités de son Symbia Pro.specta, une gamma-caméra couplée à un scanner et répertoriée parmi ses équipements de 2025. Son intérêt n’est pas d’inventer un nouvel examen, mais de mesurer plus précisément ce que montrent les images, notamment après certains traitements radioactifs ciblés.
Lors d’une scintigraphie, un médicament faiblement radioactif est administré au patient. La gamma-caméra détecte sa répartition dans l’organisme, tandis que le scanner situe les fixations dans l’anatomie. L’imagerie quantitative ajoute une mesure : elle permet d’estimer la concentration de radioactivité dans une tumeur ou un organe. Ces données peuvent ensuite contribuer au calcul de la dose réellement absorbée par les tissus.
Cette possibilité correspond directement à l’activité de radiothérapie interne vectorisée développée par Baclesse. Le principe consiste à faire parvenir un médicament radioactif jusqu’à certaines cellules malades. Le service caennais utilise notamment l’iode 131 pour la thyroïde, le lutétium 177 et le radium 223 pour certains cancers de la prostate, ainsi que le lutétium 177 pour des tumeurs neuroendocrines ou des méningiomes. Plus de 400 traitements de ce type y ont été réalisés en 2025, à côté de plus de 5 000 scintigraphies.
Le nouveau système n’introduit toutefois pas l’imagerie hybride à Baclesse. Le Centre possède depuis juin 2020 une Symbia Intevo Bold, elle aussi couplée à un scanner. Cette gamme pouvait recevoir la fonction xSPECT Quant, mais Siemens la présente comme optionnelle et Baclesse ne précise pas si son appareil caennais en disposait. Le Pro.specta ajoute à ce parc des fonctions quantitatives mises en avant par le Centre et davantage d’automatisation.
L’appareil associe un scanner de 32 barrettes, des méthodes de reconstruction plus récentes, une filtration destinée à limiter l’exposition liée au scanner et des acquisitions quantitatives XSPECT. Le changement automatique des collimateurs, qui sélectionnent les rayonnements détectés, réduit les manipulations autour de la machine. Le Centre en attend un déroulement plus fluide des examens, davantage de confort pour les patients et de meilleures conditions de travail.
Pour transformer ces images en dosimétrie exploitable, il faut des calibrations, des protocoles reproductibles et un travail coordonné entre médecins nucléaires, physiciens médicaux, radiopharmaciens et manipulateurs. À Baclesse, cette équipe comprend notamment quinze manipulateurs, un physicien médical et deux radiopharmaciens. Son activité de recherche porte déjà sur la dosimétrie.
Le Centre ne publie pas encore de comparaison locale sur la durée des examens, la dose reçue ou la qualité des images, ni le nombre de patients examinés sur cette caméra. À Caen, elle doit surtout aider l’équipe à suivre plus finement la distribution du médicament radioactif et à affiner ses calculs de dose, traitement après traitement.
Sources consultées
- Centre François BaclesseBaclesse renforce son plateau technique avec l’acquisition d’un nouveau système d’imagerie en médecine nucléaire
- Centre François BaclesseMédecine nucléaire
- Centre François BaclesseDu nouveau en imagerie médicale au Centre François Baclesse
- Siemens HealthineersSymbia Intevo Bold
- European Association of Nuclear MedicineEANM practice guideline for quantitative SPECT-CT