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Pompier blessé par balle aux Pennes-Mirabeau : jusqu'où les secours peuvent-ils se protéger ?

Un pompier blessé par balle aux Pennes-Mirabeau, un précédent à Mouriès et 52 dossiers de plainte en 2023 : les limites de la protection des secours dans les Bouches-du-Rhône.

Illustration - intervention des pompiers de nuit

Dimanche 1er novembre, aux Pennes-Mirabeau, des pompiers venus éteindre un incendie de véhicules dans la zone de Plan de Campagne ont essuyé des tirs. Le chef d’agrès du centre de secours de Septèmes-les-Vallons, un adjudant-chef, a été grièvement blessé au thorax et à la main. Un autre membre de l’équipage a été visé et le camion de secours touché.

Le blessé a été opéré à l’hôpital Nord de Marseille. Mardi 3 novembre au matin, son état s’était stabilisé, selon Europe 1. Un suspect a été interpellé par le Raid. Le parquet d’Aix-en-Provence a annoncé son placement en garde à vue, notamment pour tentatives d’homicide sur une personne chargée d’une mission de service public.

Un précédent existe dans le département.

À Mouriès, une ambulance avait déjà essuyé des tirs

Le 29 août 2021, à Mouriès, une ambulance des pompiers était intervenue auprès d’un homme menaçant de mettre fin à ses jours. À son arrivée, deux à trois coups de feu avaient été tirés en direction du véhicule, selon le SDIS 13. Personne n’avait été blessé. L’homme avait ensuite été interpellé.

La violence contre les secours ne se limite pas à ces épisodes exceptionnels. Dans son bilan d’activité 2023, le SDIS 13 recensait 52 dossiers de plainte pour agression, concernant 91 agents, contre 35 dossiers en 2022. Parmi les faits signalés figuraient 23 agressions physiques, 11 menaces de mort et 18 outrages.

Ces chiffres ne décrivent pas une multiplication des attaques armées. Ils montrent en revanche que la protection des équipages est depuis plusieurs années une préoccupation opérationnelle du département.

Le SDIS avait déjà formé 110 référents sécurité à la gestion des conflits et de l’agressivité en 2023. Il avait aussi signé des conventions avec les parquets de Marseille, d’Aix-en-Provence et de Tarascon pour faciliter les suites judiciaires des agressions.

Anticiper le danger sans retarder les secours

À l’échelle nationale, près de 1 500 agressions contre les pompiers sont signalées chaque année. Dans trois quarts des cas, les auteurs sont les personnes auxquelles ils viennent porter secours.

Le plan de 19 mesures présenté par le ministère de l’Intérieur en février 2026 répond largement à cette réalité : mieux identifier les interventions à risque, améliorer la circulation des informations, former à l’évitement et à la désescalade, déployer des caméras piétons et embarquées et renforcer l’accompagnement judiciaire.

Mais les tirs des Pennes-Mirabeau ont eu lieu pendant une intervention sur un incendie. Le danger ne provenait pas d’une personne que les secours étaient venus prendre en charge.

Renforcés par une circulaire de 2015, les protocoles départementaux de coordination entre pompiers, police et gendarmerie prévoient notamment l’échange d’informations et l’intervention des forces de sécurité lorsqu’une menace est identifiée.

Les pompiers doivent pouvoir partir immédiatement sur un feu, sans attendre systématiquement une escorte policière. Pourtant, lorsqu’un homme ouvre le feu, la maîtrise de cette menace relève des forces de l’ordre, pas des spécialistes de l’incendie.

Des protections utiles, mais pas contre toutes les menaces

Certaines mesures prévues par le plan national, comme les formations à la désescalade ou les protections de type gilet pare-lame, peuvent répondre à des agressions courantes. Elles ne constituent pas une protection suffisante face à des tirs d’arme à feu.

Laurent Guilloteau, secrétaire général de la CGT du SDIS 13, insiste sur cette limite dans un entretien à Maritima : « Notre protection ne peut pas s’assurer que par nous, que par de la formation. » Il rappelle que la sécurité des pompiers dépend aussi des moyens de la police et de la gendarmerie.

Le détail des consignes et des informations disponibles avant l’attaque de dimanche n’a pas été rendu public. Rien ne permet d’en déduire une défaillance de l’organisation.

À Septèmes-les-Vallons, les pompiers avaient quitté leur caserne pour un feu de véhicules. Leur chef d’agrès a été blessé par balle et l’équipage a dû se replier. Les policiers, puis le Raid, ont pris en charge la menace et procédé à l’interpellation.

Sources consultées
  1. SDIS des Bouches-du-RhôneRecueil des actes administratifs n° 05.24, conseil d'administration du 26 mars 2024, bilan d'activité 2023
  2. Ouest-FranceBouches-du-Rhône. Une ambulance des pompiers visée par des tirs lors d'une intervention à Mouriès
  3. Ministère de l'Intérieur, Sécurité civilePlan de prévention et de lutte contre les violences envers les sapeurs-pompiers
  4. Maritima« On a franchi un cap » : la CGT Sdis 13 réagit après le drame des Pennes-Mirabeau
  5. TF1 Info / AFPUn pompier blessé par balle lors d'un incendie dans les Bouches-du-Rhône : ce que l'on sait
  6. Europe 1Pompier blessé par balle près de Marseille : « On est tous sous le choc, on ne comprend plus », confient ses collègues