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À Marseille, un cortège de 10 000 personnes puis des affrontements autour de La Plaine

Le cortège non déclaré du 31 octobre a réuni 10 000 personnes. Le premier bilan préfectoral fait état de 18 interpellations et de 19 policiers légèrement blessés.

Manifestation dans les rues de Marseille

Environ 10 000 personnes ont défilé à Marseille samedi 31 octobre, selon la préfecture. Parti de la place des Réformés, dans le 1er arrondissement, ce cortège non déclaré a progressé pendant près de deux heures vers l’est de la ville sans incident majeur. Les premiers affrontements ont éclaté vers 16 h 30 dans plusieurs rues du 4e arrondissement. En soirée, les heurts se sont concentrés autour de la place Jean-Jaurès, à La Plaine, où un rassemblement pour Halloween était annoncé à 20 heures.

Le premier bilan communiqué par la préfecture de police à Reuters, dans une dépêche mise à jour dimanche 1er novembre à 13 h 40, fait état de 18 interpellations, 19 policiers légèrement blessés et trois commerces dont les devantures ont été dégradées. Une tentative de cambriolage des réserves d’un magasin Foot Locker a également été déjouée.

Le Monde a observé au moins trois personnes blessées pendant les affrontements, sans établir de bilan civil exhaustif. Les 19 blessés annoncés par la préfecture concernent exclusivement des policiers.

Un cortège sans service d’ordre

La mobilisation réunissait lycéens, étudiants, syndicalistes, retraités et salariés autour de revendications portant sur le coût de la vie, les conditions d’études et les services publics. Julie, une étudiante en histoire interrogée par Le Monde, résumait l’appréhension d’une partie des participants : « J’avais peur de venir, c’est pour ça que je suis là. »

Le déroulement différait de celui du 24 octobre. Une semaine auparavant, la CGT avait déclaré et pris en charge l’organisation du cortège. Cette fois, aucune déclaration préalable n’avait été déposée et aucun service d’ordre n’encadrait la marche. Les appels avaient largement circulé sur les réseaux sociaux.

Le parcours s’est construit au fil de la progression. La foule s’est parfois scindée dans les rues adjacentes. Sur les grands axes traversés, des participants faisaient eux-mêmes la circulation aux carrefours. La présence policière était importante, avec deux véhicules Centaure, des canons à eau et des barrages. Le dispositif a maintenu le cortège à distance du Vieux-Port et des principales zones commerciales.

À La Plaine, deux rassemblements dans le même quartier

À partir de 16 h 30, des jets de pavés, des poubelles renversées et des tirs de gaz lacrymogènes ont marqué les affrontements entre certains groupes et les forces de l’ordre dans le 4e arrondissement.

À la tombée de la nuit, plusieurs centaines de personnes ont convergé vers la place Jean-Jaurès, à La Plaine. Un carnaval d’Halloween devait s’y tenir à 20 heures. Dans les rues voisines, des enfants déguisés récoltaient des bonbons, des familles circulaient et des clients occupaient les terrasses. Autour de la place, les forces de l’ordre tentaient de disperser les groupes présents.

La place était plongée dans le noir depuis vendredi soir, après une dégradation de l’éclairage public que la préfecture attribue à un acte de malveillance. Le Monde rapporte que l’obscurité a aggravé les mouvements de foule pendant les interventions policières. Des charges, des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser les groupes. Des groupes se sont ensuite dispersés dans plusieurs rues du centre-ville.

Ce que prévoient les arrêtés

L’interdiction préfectorale ne concernait pas toutes les manifestations ni tous les rassemblements du département. Les arrêtés signés le 29 octobre visaient les manifestations et rassemblements revendicatifs non déclarés dans des périmètres définis de huit communes, dont certains secteurs du centre de Marseille. Les principales restrictions du week-end courent jusqu’au lundi 2 novembre à 5 heures. La Clé Publique avait détaillé les cinq arrêtés et les restrictions du week-end.

L’article 431-9 du Code pénal prévoit six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende pour l’organisation d’une manifestation sur la voie publique sans déclaration préalable ou malgré son interdiction. Cette infraction vise les organisateurs, pas la simple présence d’un participant.

L’article R644-4 du Code pénal prévoit également une contravention de quatrième classe pour la participation à une manifestation interdite sur le fondement de l’article L211-4 du Code de la sécurité intérieure. Cette qualification dépend du fondement juridique de l’arrêté concerné : elle ne découle pas automatiquement de la seule absence de déclaration.

Un couvre-feu de 23 heures à 5 heures vise les mineurs non accompagnés dans certains secteurs de quatre communes, dont Marseille. Pour lundi 2 novembre, trois autres arrêtés prévoient, de 5 heures à 22 heures dans les communes de plus de 10 000 habitants, des restrictions portant notamment sur le port de certains équipements de protection et d’objets pouvant servir d’armes.

Des personnes sont également entrées dans l’école maternelle Saint-Savournin, située dans le 5e arrondissement. La police est intervenue pour les faire sortir. La Ville a indiqué qu’aucun dégât majeur n’avait été constaté dans l’établissement ni sur son dispositif de sécurisation, et que les cours pourraient reprendre lundi 2 novembre.

Sources consultées
  1. Le MondeManifestations du 31 octobre : à Marseille, des échauffourées avec les forces de l'ordre à l'issue d'un parcours improvisé
  2. Le Parisien« C'est ma liberté de venir » : à Marseille, 10 000 manifestants défient l'interdiction de la préfecture
  3. Reuters, via BoursoramaFrance : une semaine mouvementée en perspective après les manifestations du 31 octobre
  4. Préfecture de police des Bouches-du-RhôneRecueil des actes administratifs n° 13-2026-377 du 29 octobre 2026
  5. LégifranceCode pénal, article 431-9
  6. LégifranceCode pénal, article R644-4