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Inondations autour de l’étang de Berre : un mort, une maison effondrée et des habitants évacués

Un mort, une maison effondrée et des évacuations autour de l’étang de Berre. À Istres et Saint-Mitre, des risques déjà recensés compliquent le retour des habitants.

Illustration - Inondations autour de l'étang de Berre

Un homme de 75 ans est mort, une maison s’est effondrée et environ 200 habitations sont concernées par des mouvements de terrain, selon le préfet. Mardi 20 octobre, les fortes pluies ont provoqué des évacuations à Istres, isolé le quartier d’Entressen et gravement endommagé Saint-Mitre-les-Remparts, autour de l’étang de Berre. À 18 h 03, de nouvelles perturbations étaient encore signalées, notamment la fermeture de l’A55 dans le sens Marseille-Martigues.

La victime a été emportée par les eaux à Saint-Mitre-les-Remparts, puis retrouvée décédée sur la commune d’Istres, selon la préfecture des Bouches-du-Rhône citée par l’AFP. La personne qui l’accompagnait a pu être sauvée. Ce bilan humain, confirmé par le préfet Jacques Witkowski à 16 h 45, restait le dernier disponible.

À Istres, l’eau menace la stabilité des terrains. À Entressen, elle coupe les accès au quartier. À Saint-Mitre, elle dévale les vallons et s’accumule dans des secteurs déjà identifiés comme inondables. Une partie de ces vulnérabilités figure depuis des années dans les documents publics.

À Istres, une maison effondrée et 200 habitations concernées

Au quartier des Heures Claires, le danger ne s’arrête pas à la montée des eaux. Les fortes précipitations ont déclenché des mouvements de terrain. Une maison s’est effondrée et environ 200 habitations sont concernées, selon le préfet Jacques Witkowski, interrogé par Maritima à 16 h 45.

La mairie avait ordonné dès 12 h 03 l’évacuation des habitants du chemin du Mas des Quatre Vents, du chemin de Saint-Pierre et du chemin du Port. À 16 h 26, elle précisait que les personnes restées chez elles devaient y demeurer confinées jusqu’à nouvel ordre.

Les secours doivent désormais faire face à deux urgences : évacuer les habitants exposés et déterminer si les terrains peuvent encore supporter les constructions. Des expertises géotechniques ont été engagées avant toute autorisation de retour.

Au nord d’Istres, Entressen est confronté à une situation différente. Un étang a débordé, submergeant les accès routiers. Le maire Robin Prétot indiquait vers 16 h 35 que le quartier, qui compte plus de 6 000 habitants, n’était plus accessible par les voies habituelles. Les secours utilisaient des bateaux et de gros véhicules tout-terrain pour assurer les déplacements indispensables. Les communications téléphoniques étaient également fortement perturbées.

À 17 h 59, Maritima faisait état de près de 200 personnes confinées chez elles ou accueillies dans un centre de repli à Entressen. Ce chiffre ne représente pas l’ensemble des habitants du quartier.

Des risques déjà identifiés à Saint-Mitre et aux Heures Claires

À Saint-Mitre-les-Remparts, la mairie annonçait à 16 h 15 un cumul moyen de 300 millimètres de pluie sur la commune, soit 300 litres d’eau par mètre carré. Plusieurs dizaines d’habitations et de commerces ont été inondés. Des murs de soutènement ont cédé et des chaussées ont été éventrées.

Le vallon de Massane et la zone d’activités des Étangs figurent parmi les secteurs les plus touchés. Or, leur exposition n’était pas inconnue.

Dans son document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM) de 2023, Saint-Mitre identifiait déjà Massane, Varage, Bellevue et La Marjolaine comme des zones basses particulièrement vulnérables à l’accumulation des eaux de ruissellement. Le document distinguait également les risques de mouvements de terrain, notamment sur les bords de l’étang de Berre.

Ces précédents ne se limitent pas à une cartographie théorique. En septembre 2025, treize mois avant les inondations actuelles, Saint-Mitre-les-Remparts avait été reconnue en état de catastrophe naturelle pour des inondations et coulées de boue survenues les 21 et 22 septembre.

À Istres, l’inventaire national du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) recense un glissement de terrain survenu en 2001 dans le secteur des Heures Claires, chemin de Saint-Pierre. Un rapport de mise en sécurité de ce chemin avait été établi la même année pour la Ville d’Istres.

Le chemin de Saint-Pierre fait précisément partie du périmètre évacué mardi. Cela ne démontre toutefois pas que les glissements de 2001 et de 2026 ont la même origine. Les expertises en cours devront établir la nature des mouvements actuels et les conditions dans lesquelles les habitations pourront être réoccupées.

Les risques étaient donc identifiés. L’efficacité des aménagements existants face aux pluies du 20 octobre reste à documenter.

Des évacuations jusqu’à Port-de-Bouc et des transports perturbés

La crise ne se limite pas à Istres et Saint-Mitre.

À Port-de-Bouc, la municipalité a engagé à 17 h 34 l’évacuation préventive du quartier des Arcades, touché par de forts ruissellements et la saturation des bassins de rétention. Des minibus conduisent les habitants vers la salle Youri-Gagarine, aménagée en centre d’hébergement d’urgence.

À Saint-Mitre, le camping Neptune était à son tour en cours d’évacuation à 17 h 59. Des opérations de mise en sécurité étaient également signalées à Fos-sur-Mer.

À Martigues, le quartier de Jonquières a de nouveau été submergé dans l’après-midi. Plusieurs équipements municipaux restent fermés. Des infiltrations ont aussi touché le centre hospitalier, qui indiquait à la mi-journée maintenir l’accueil aux urgences malgré des perturbations ponctuelles.

Les transports connaissent d’importantes difficultés. À 13 h 40, la préfecture signalait l’interruption de la circulation ferroviaire entre Miramas et Marseille ainsi que sur la ligne de la Côte Bleue. Deux trains bloqués près de Saint-Chamas et de Berre avaient nécessité des opérations d’évacuation.

Sur les routes, Maritima annonçait à 18 h 03 la fermeture de l’A55 dans le sens Marseille-Martigues, avec sortie obligatoire à Carry-le-Rouet. Les autres restrictions, qui ont évolué au fil de la journée, doivent être vérifiées avant tout déplacement.

Où trouver de l’aide et quelles consignes respecter ?

À Saint-Mitre-les-Remparts, l’accueil des sinistrés a été transféré du théâtre La Manare au gymnase René-Jauras, selon la mise à jour municipale de 16 h 15. Une trentaine de personnes avaient déjà été prises en charge. La mairie est joignable au 04 42 80 98 55.

La municipalité demande de rester à l’abri et d’éviter absolument Massane, Saint-Blaise et la ZAC des Étangs.

À Istres, les personnes évacuées doivent se signaler au 0 800 373 373 pour être informées des possibilités de retour. Les gymnases Donadieu et Podium accueillent les sinistrés des Heures Claires. À Entressen, l’accueil est assuré à la salle La Grange, le gymnase Arcelli ayant fermé à 15 heures.

Les habitants peuvent consulter les consignes actualisées de la Ville d’Istres ou joindre la mairie au 04 13 29 50 00.

Les autorités demandent de limiter les déplacements, de ne jamais traverser une chaussée inondée et d’éviter les sous-sols ou parkings submergés. En cas de danger immédiat, le numéro d’urgence est le 112.

Le retour à domicile prendra plus de temps que la décrue

La vigilance météorologique a été abaissée de l’orange au jaune en milieu de journée. Le préfet prévenait néanmoins à 16 h 45 que les sols restaient gorgés d’eau et que les ruissellements pourraient se poursuivre pendant une partie de la soirée. Il n’envisageait pas de retour général à la normale avant mercredi matin.

Cette échéance météorologique ne vaut pas autorisation de regagner les logements évacués.

À Saint-Mitre, il faudra évaluer les murs effondrés, sécuriser les chaussées et remettre en état les bâtiments touchés. À Entressen, le rétablissement des accès conditionnera le retour des déplacements habituels.

Aux Heures Claires, la décision sera plus délicate. Les habitants du chemin de Saint-Pierre et des voies voisines ne pourront rentrer qu’après vérification de la stabilité des terrains. Dans ce quartier où un glissement était déjà répertorié il y a vingt-cinq ans, les conclusions des géotechniciens détermineront désormais quelles habitations peuvent être occupées en sécurité.

Sources consultées
  1. Ville de Saint-Mitre-les-RempartsInondations : le plan de sauvegarde communal activé
  2. Ville d'IstresIntempéries : le plan communal de sauvegarde activé
  3. Maritima« La situation ne sera normale que demain matin », prévient le préfet Jacques Witkowski
  4. Ville de Saint-Mitre-les-Remparts / GéorisquesDocument d'information communal sur les risques majeurs, édition 2023
  5. BRGM / GéorisquesInventaire national des mouvements de terrain, fiche 61300225
  6. LégifranceArrêté du 25 septembre 2025 portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle