
En 2000, une ponte de dinosaure fossilisée a été découverte en plein centre-ville d’Aix-en-Provence. Cette Provence préhistorique, enfouie sous des lieux que nous fréquentons encore, est au cœur de l’exposition « Dinosaures de Provence », ouverte depuis le samedi 10 octobre au Muséum d’histoire naturelle de Marseille, au Palais Longchamp.
Il y a environ 73 millions d’années, la région abritait des dinosaures herbivores de plusieurs mètres de long, de petits carnivores et de grands herbivores à long cou. Leurs ossements, leurs empreintes et leurs œufs se sont fossilisés dans les roches de la région.
La Sainte-Victoire, terre de ponte des dinosaures
La région d’Aix-en-Provence a livré plusieurs milliers d’œufs fossilisés. Au pied de la Sainte-Victoire, dans les argiles rouges des Grands-Creux, les paléontologues ont notamment exhumé des centaines d’œufs et des fragments de coquilles.
Mais ces sols conservent aussi des ossements. Lors d’une campagne de fouilles décrite en 2018 par le CNRS, les chercheurs avaient notamment identifié les restes de huit rhabdodons, des herbivores de trois à quatre mètres de long. À l’époque, ils vivaient probablement en troupeaux dans les plaines du sud de la France.
D’autres découvertes ont révélé la présence du Variraptor, un petit carnivore bipède, et de titanosaures, ces imposants herbivores à long cou. Le paysage provençal actuel ne laisse guère deviner cette faune disparue.
La réserve naturelle de Sainte-Victoire, classée depuis 1994, protège une partie de ce patrimoine fossile.
Quand le chemin de fer révélait des dinosaures
Cette histoire a commencé bien avant les fouilles modernes, grâce notamment à un Marseillais : Philippe Matheron.
Dans les années 1840, cet ingénieur chargé de travaux d’aménagement profite du percement du tunnel ferroviaire de la Nerthe, au nord-ouest de Marseille, pour examiner les fossiles mis au jour. Parmi eux, des dents et des ossements appartenant à un dinosaure encore inconnu.
En 1869, il publie la description du Rhabdodon priscus. À Velaux, il découvre également d’étranges formes sphériques et ellipsoïdes, qu’il interprétera comme des œufs fossilisés, parmi les premiers attribués à des dinosaures.
Matheron contribue ainsi à une science encore jeune : le mot Dinosauria n’avait été créé qu’en 1842.
À sa mort, il laisse une collection considérable. En 1902, la Ville de Marseille rachète près de 40 000 spécimens minéralogiques et paléontologiques à sa veuve. Ils forment aujourd’hui l’un des fonds historiques du Muséum.
Les fossiles provençaux réunis à Longchamp
C’est cette histoire que les muséums de Marseille et d’Aix-en-Provence réunissent jusqu’au 20 juin 2027. L’exposition s’appuie sur leurs collections anciennes et récentes, les découvertes d’œufs, d’ossements, de dents et d’empreintes, pour reconstituer la vie des dinosaures provençaux et montrer comment travaillent les paléontologues.
Pendant les vacances d’automne, du 17 au 31 octobre, des médiateurs proposent également des animations de 20 minutes, à 10 h et 15 h du mardi au samedi, dès 7 ans. Réservation conseillée au 04 91 14 59 55.
L’exposition est ouverte du mardi au dimanche, de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h, dans l’aile droite du Palais Longchamp. Entrée à 6 €, tarif réduit à 3 €, gratuité pour les moins de 18 ans et chaque premier dimanche du mois. Les billets sont disponibles sur la billetterie officielle de l’exposition.
Au pied de la Sainte-Victoire, sous les pins et la terre rouge, reposent encore les traces des dinosaures qui y pondaient leurs œufs il y a des millions d’années.
Sources consultées
- Musées de Marseille, Ville de MarseilleDinosaures de Provence
- CNRS Le JournalFrance, terre de dinosaures
- Portail Marius, collections patrimoniales de MarseilleLa collection Philippe Matheron
- Département des Bouches-du-RhôneLa réserve naturelle de la Sainte-Victoire
- Musées de MarseilleAnimations flash « Dinosaures de Provence »