
La mobilisation lycéenne a perdu en intensité vendredi 2 octobre dans les Bouches-du-Rhône sans revenir à une journée ordinaire. Selon les services de la préfète de police déléguée cités par l’AFP en début de soirée, 1 800 personnes ont participé aux rassemblements et 59 ont été interpellées dans le département. À La Ciotat, un professeur du lycée de la Méditerranée a été aspergé d’essence puis frappé devant son établissement.
Le contraste avec la veille tient aussi à une décision prise avant même le début des rassemblements de vendredi. Plus de 55 établissements des Bouches-du-Rhône n’ont pas accueilli leurs élèves et ont assuré les cours à distance, selon le rectorat cité par Le Monde. Ces fermetures ne signifient pas que chacun de ces lycées était bloqué vendredi. Elles avaient été décidées à titre préventif après les violences de jeudi. Le préfet Jacques Witkowski les avait présentées comme « momentanées », destinées à protéger élèves et personnels face au risque de nouveaux incidents, sans en fixer alors la durée.
Vendredi matin, les premiers chiffres étaient nettement plus bas que ceux de la veille. À 12 h 25, Jacques Witkowski indiquait directement sur LCI qu’un peu plus de vingt personnes avaient déjà été interpellées dans la matinée et plus de 200 depuis le début du mouvement dans les Bouches-du-Rhône. Le bilan communiqué plus tard par les services de la préfecture est finalement monté à 59 interpellations sur la journée. La mobilisation était moins étendue, mais les interventions policières se sont poursuivies.
L’incident le plus grave documenté vendredi s’est produit à La Ciotat. Un professeur de physique-chimie est sorti devant le lycée de la Méditerranée alors qu’un feu prenait au pied d’un arbre. Il a expliqué avoir tenté de l’éteindre avec les moyens disponibles avant d’être aspergé d’essence, notamment dans l’œil, puis frappé d’un coup de pied. Les images diffusées par TF1 montrent également une autre enseignante prise à partie. Trois personnes ont été interpellées devant l’établissement. Les éléments publiés par TF1 ne permettent pas de les relier à l’agression.
Le rassemblement de La Ciotat était dispersé en début d’après-midi. Une équipe de TF1 présente sur place constatait alors le retour au calme autour du lycée. Les fermetures préventives avaient été décidées pour protéger élèves et personnels face au risque d’incidents de ce type, même lorsque les rassemblements restaient ponctuels.
La Ciotat reste toutefois un incident documenté parmi l’ensemble des rassemblements de vendredi. Les éléments disponibles ne permettent pas d’en faire la preuve d’un changement général de nature du mouvement dans le département.
La séquence n’est pas terminée. Après une réunion vendredi avec le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, l’Union syndicale lycéenne a appelé à poursuivre la mobilisation et à rejoindre une nouvelle journée nationale mardi 6 octobre.
Dans les Bouches-du-Rhône, la prochaine échéance est lundi. Aucun calendrier départemental de reprise n’était publié dans les sources consultées samedi matin. Après une journée où plus de 55 lycées ont assuré les cours à distance pour prévenir des incidents finalement concentrés sur un nombre plus limité de sites, les consignes adressées aux établissements pour lundi seront le prochain point concret à vérifier pour les élèves, les familles et les personnels.
Sources consultées
- AFP, repris par H24InfoFrance : vague d’arrestations après un vendredi sous haute tension
- TF1 Info« C’était hyper choquant » : des enseignants molestés devant un lycée bloqué à La Ciotat
- LCI / TF1 InfoBlocus des lycées : « L’État sera présent pour maintenir et rétablir l’ordre républicain »
- Le MondeEN DIRECT, blocages de lycées : 564 établissements ont fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations
- AFP, repris par L’Est RépublicainBlocus des lycées : 1 747 interpellations vendredi et plus de 5 000 depuis lundi