
Onze produits ont été récompensés le 28 septembre par le Prix agricole de la Métropole Aix-Marseille-Provence, parmi plus de 100 candidats. Vins, huiles d’olive, miel, huîtres, bières, baguette et calissons composent le palmarès. Mais plusieurs lauréats racontent surtout comment des productions très familières du département continuent à s’ancrer, ou se réancrent, dans leur territoire.
À Eyguières, Anne-Sophie et Clément Pélissier ont repris 240 hectares d’oliviers abandonnés pour créer le Domaine Jòlibois. Le domaine produit aujourd’hui cinq huiles biologiques. Pendant la récolte, les olives sont cueillies variété après variété puis conduites au moulin dans la journée, selon le domaine. Son huile AOP Vallée des Baux-de-Provence en fruité vert figure parmi les lauréates 2026.
À Pélissanne, le Moulin des Costes travaille dans un bâtiment qui abritait déjà un moulin à huile en 1786. L’activité oléicole y a été relancée en 2001. Et ce vieux moulin n’est pas devenu un simple décor patrimonial : pour la campagne 2025, il a reçu les olives de 2 700 apporteurs, particuliers et professionnels. Son huile maturée AOP Aix-en-Provence est récompensée cette année.
À Marseille, Retour vers le pain, dont la baguette a été primée, utilise la farine Lou Pan d’Ici. Cette filière, lancée à partir de 2017, réunit des producteurs de blé tendre, des coopératives, des meuniers et des boulangers de Provence-Alpes-Côte d’Azur afin de fabriquer une baguette à partir de céréales et de farine régionales. La baguette devient ainsi le dernier maillon d’une chaîne agricole reconstruite à l’échelle régionale.
Le cas du calisson va plus loin encore. Léonard Parli, maison aixoise fondée en 1874, a acquis des terres à Ventabren puis planté 3 000 amandiers biologiques en mars 2022. Les premières récoltes étaient attendues à partir de 2025 afin de commencer à remplacer des amandes achetées ailleurs par celles du domaine. Pour le concours 2026, la maison présente ses calissons primés comme fabriqués avec les amandes de sa propre exploitation.
Les échantillons du concours sont anonymisés avant le jury et les produits classés sur des critères organoleptiques. La Métropole achète ensuite pour 1 000 à 5 000 euros de produits aux lauréats selon les catégories et finance leur mise en avant. Le prix dit donc qui a remporté cette dégustation, pas qui possède la meilleure exploitation ni le modèle agricole le plus performant.
Pris ainsi, le palmarès relie des réalités différentes : des oliviers abandonnés repris à Eyguières, un moulin ancien encore alimenté par des milliers d’apporteurs à Pélissanne, du blé régional qui finit en baguette à Marseille, des amandiers plantés à Ventabren pour fournir une partie des amandes d’un calisson aixois. À Ventabren, les 3 000 amandiers plantés en 2022 ont commencé à produire trois ans plus tard.