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À Tarascon, l’État reprend en main la mise en sécurité de Fibre Excellence

À Tarascon, l’État confie à l’ADEME la mise en sécurité du site Seveso de Fibre Excellence après l’échec des prescriptions imposées aux liquidateurs.

Illustration - usine de Tarascon à sécuriser

À Tarascon, Fibre Excellence a cessé de produire, mais son usine ne peut pas simplement être éteinte. Sur ce site Seveso, il reste du bois, des produits chimiques et des déchets dangereux à évacuer, tandis que certains réseaux doivent continuer à fonctionner pendant la fermeture. Après plusieurs mesures adressées aux liquidateurs, l’État a décidé le 18 septembre de confier à l’ADEME des opérations urgentes de mise en sécurité.

Cette contrainte était déjà au cœur de l’arrêté préfectoral du 1er septembre. Les produits dangereux et déchets doivent être évacués sous trois mois, avec un délai d’un mois pour plusieurs substances prioritaires. Mais l’arrêté impose aussi de conserver sous tension les équipements nécessaires à la surveillance, aux vidanges, au nettoyage et au traitement des effluents. Le dispositif de lutte contre l’incendie doit rester opérationnel jusqu’à l’évacuation du bois et du fioul lourd, et certaines compétences techniques doivent rester disponibles sur place. L’arrêté du 1er septembre imposait déjà de maintenir une partie des installations en fonctionnement.

L’arrêté demande aussi de déterminer la bonne position des vannes de la digue périphérique en cas de crue du Rhône et de transmettre les consignes correspondantes au SYMADREM. Pour les liqueurs issues de la fabrication de pâte à papier, trois voies étaient prévues : transfert vers une autre usine kraft, traitement comme déchets hors du site ou traitement sur place, éventuellement avec la station d’épuration.

Or cette organisation n’a pas fonctionné comme prévu. Selon le ministère de la Transition écologique, les mesures d’urgence, la mise en demeure puis la réquisition n’ont pas permis d’obtenir la remise en service de la station d’épuration et du réseau de lutte contre les incendies. Lors d’une visite conjointe avec l’ADEME le 15 septembre, les inspecteurs ont encore constaté du bois, des produits dangereux et des déchets sur l’ensemble du site, dont des déchets liquides principalement composés de liqueurs. Le ministère cite des risques d’incendie, de déversement de produits dangereux et de pollution du Rhône.

Quand le responsable d’un site n’assure plus ses obligations de sécurité, l’État peut charger l’ADEME d’organiser les travaux nécessaires. L’agence peut alors choisir les entreprises et suivre leur exécution. Le Code de l’environnement autorise parallèlement l’administration à faire réaliser d’office les mesures prescrites, aux frais de la personne mise en demeure. Le ministre a annoncé que le coût serait réclamé aux liquidateurs ; son montant n’est pas encore public.

Le préfet doit maintenant prendre l’arrêté de travaux d’office confiant formellement ces opérations à l’ADEME. À Tarascon, la fermeture de Fibre Excellence reste donc pour l’instant une opération industrielle à part entière : vider les cuves et les tuyauteries, traiter les effluents, conserver une défense incendie et surveiller un site qui, même sans produire une tonne de pâte à papier, n’est pas encore inerte.

Sources consultées
  1. Ministère de la Transition écologiqueFibre Excellence à Tarascon : devant l'incurie et les mises en danger réitérées de l'environnement du fait du liquidateur, l'Etat lui substitue, de manière exceptionnelle et déterminée, l'ADEME
  2. Préfecture des Bouches-du-RhôneArrêté préfectoral de mise en demeure du 1er septembre 2026
  3. ADEMELes sites pollués gérés par l’ADEME
  4. LégifranceCode de l’environnement, article L.171-8