
Le 9 octobre, Unitel Group doit poser la première pierre de Theodora, son campus de 35 000 m² boulevard Capitaine-Gèze à Marseille. Le projet immobilier est désormais autorisé et sa livraison reste annoncée pour 2029. Mais Unitel annonce surtout une nouvelle ambition technique : installer un « hub d’inférence IA » et un point d’interconnexion télécom.
L’inférence est le moment où un modèle déjà entraîné produit une réponse, analyse une image ou exécute une tâche. Pour les applications sensibles au temps de réponse, rapprocher le calcul des utilisateurs et des données peut réduire les détours par des centres informatiques éloignés. DE-CIX développe par exemple des services d’interconnexion destinés aux charges de travail d’IA distribuées et à faible latence.
Marseille possède pour cela une infrastructure peu commune. TeleGeography recense seize systèmes de câbles sous-marins actifs ou en construction dans son hub marseillais. France-IX exploite trois points de présence dans la ville et y compte 126 réseaux indépendants, identifiés sur Internet comme des systèmes autonomes ; DE-CIX présente également Marseille comme une porte européenne vers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. Avant même de parler d’IA, la ville est donc déjà un carrefour important entre réseaux.
C’est cet avantage qu’Unitel veut exploiter à Gèze. Le groupe commercialise déjà des connexions privées vers des opérateurs et fournisseurs de cloud et indique que son réseau est interconnecté notamment à Marseille, Paris, Londres, Amsterdam et Francfort. Le site de Theodora annonce désormais de la « fibre noire vers 9 datacenters ». Ces connexions existent donc déjà dans l’offre d’Unitel, mais elles ne décrivent pas encore le futur nœud de Gèze : aucun schéma de raccordement, partenaire d’interconnexion, capacité de calcul ou nombre de GPU n’est publié.
Le permis accordé en 2025 ne prévoyait aucun datacenter. Cela n’empêche pas d’installer un petit nœud de calcul ou d’utiliser des machines hébergées ailleurs et reliées par fibre. Mais Theodora n’est pas, dans son état documenté aujourd’hui, un nouveau centre de calcul IA marseillais.
La première pierre du 9 octobre fait donc franchir un cap au projet immobilier, pas encore à sa capacité d’inférence. Le propre calendrier de Theodora laisse d’ailleurs la date de l’ordre de service des travaux « à déterminer ». À Gèze, la prochaine preuve sera technique : identifier les interconnexions, la puissance de calcul et les premiers utilisateurs du nœud annoncé.