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Biotechna : plus de 855 signalements d’odeurs après les mesures imposées par l’État

À Châteauneuf-les-Martigues, les signalements ont explosé cet été, quelques mois après le contrôle des mesures anti-odeurs imposées à Biotechna.

Illustration - plateforme de compostage et riverains

À Châteauneuf-les-Martigues, AtmoSud a compté plus de 700 signalements d’odeurs entre le 1er juillet et le 31 août, puis 155 autres du 1er au 9 septembre. À titre de comparaison, 158 signalements olfactifs avaient été recensés dans la commune sur toute l’année 2025. Un signalement ne correspond pas nécessairement à une personne différente, mais le changement d’échelle est spectaculaire.

Il survient quelques mois après une intervention de l’État précisément destinée à réduire ces nuisances. En novembre 2025, la préfecture avait imposé à Biotechna le renouvellement de ses quatre biofiltres, l’installation de capteurs d’ammoniac et de gaines pour améliorer le traitement de l’air, l’emploi de produits masquants sur certains bassins et la création d’indicateurs quotidiens du risque d’odeur.

Lors de sa visite du 15 janvier 2026, la DREAL a vérifié ces mesures. Le renouvellement des quatre biofiltres était documenté, les capteurs d’ammoniac installés, un produit masquant utilisé et un indicateur de risque olfactif défini. Une première phase d’installation des gaines avait été réalisée, une seconde étant prévue en 2026. Sur les points contrôlés, l’inspection n’a proposé aucune suite administrative et a conclu que l’exploitant avait mis en place les actions de réduction des odeurs prévues par l’arrêté.

Ce contrôle ne garantissait toutefois pas la disparition des odeurs. Il vérifiait des prescriptions techniques à un instant donné. Quelques mois plus tard, les signalements ont fortement repris : AtmoSud décrit des odeurs de fumier, gaz, œuf pourri ou égouts et estime qu’elles « semblent en lien » avec l’activité de compostage de Biotechna. L’organisme relève aussi l’effet des fortes chaleurs, des vents faibles et des situations atmosphériques stables, qui dispersent moins bien les odeurs.

Le site d’Ensuès-la-Redonne n’est pas une petite plateforme de déchets verts. Cette installation classée, toujours répertoriée comme « en exploitation avec titre », est autorisée à traiter jusqu’à 60 000 tonnes par an de boues de stations d’épuration, déchets verts et biodéchets. C’est donc aussi un maillon de la filière qui traite les résidus produits par l’assainissement et les déchets organiques du territoire.

AtmoSud transmet notamment les signalements à la DREAL, aux communes et à l’ARS. Au 14 septembre, Géorisques affiche toujours comme dernière inspection publiée celle du 15 janvier 2026.

Une sortie est annoncée à plus long terme. La commune d’Ensuès-la-Redonne indiquait dès 2025 que Biotechna cesserait son activité fin 2028, calendrier également repris par AtmoSud après une annonce du site. Mais l’installation possède encore son autorisation d’exploiter et l’arrêté préfectoral de novembre 2025 ne fixe pas lui-même cette date de fermeture. Fin 2028 reste donc, à ce stade, un horizon annoncé.

D’ici là, les habitants peuvent signaler une nuisance sur SignalAir. Dans ce dossier, ces remontées permettent de suivre des nuisances que les mesures déjà prises n’ont pas fait disparaître.

Sources consultées
  1. AtmoSudNuisances olfactives à Châteauneuf-les-Martigues depuis juillet 2026
  2. Préfecture des Bouches-du-RhôneArrêté de prescriptions complémentaires du 19 novembre 2025
  3. DREAL Provence-Alpes-Côte d’AzurRapport de l’Inspection des installations classées, visite du 15 janvier 2026
  4. GéorisquesInstallations classées — BIOTECHNA