
La Tulipe fabriquait autrefois du savon. À partir du 12 septembre, ce sont ses murs qui vont produire les premières images de sa nouvelle vie. Dans le quartier des Crottes, dans le 15e arrondissement de Marseille, l’ancienne savonnerie accueille L’Aérosol, un nouveau lieu consacré au graffiti et aux cultures hip-hop.
Pour l’ouverture, Mister Freeze a réuni plus de 60 artistes dans l’exposition « Ça déborde à la Tulipe ». La sélection artistique associe Mister Freeze à Nyota et Braga, deux artistes liés à la scène marseillaise. Nyota vit et travaille à Marseille et pratique le graffiti depuis 2008, d’abord par le lettrage puis dans un registre figuratif. Braga, né dans la ville et formé comme peintre en lettres, réalise depuis des années des fresques à Marseille et dans ses environs. Leur présence ancre le lancement dans la scène locale.
L’Aérosol annonce plus de 1 500 m² de « murs d’expression » mis à la disposition des artistes. Une cinquantaine d’entre eux doivent aussi peindre en direct lors du lancement. Le public n’entre donc pas seulement dans une exposition terminée : une partie du décor doit continuer à se fabriquer devant lui. Le lieu ouvrira ensuite les week-ends jusqu’au 1er novembre.
Le lieu porte une autre histoire. Construite à la fin du XIXe siècle, La Tulipe appartient au passé industriel des Crottes et de la fabrication du savon à Marseille. La savonnerie a fermé en 1987. Ses trois nefs totalisent 3 600 m² et le projet doit atteindre 5 500 m² de surface utile, avec notamment un espace muséal et des ateliers d’artistes. Ce qui ouvre en septembre n’est donc que la première partie d’une reconversion plus vaste.
À Marseille, graffiti et hip-hop partagent déjà plusieurs décennies d’histoire. Au début des années 1990, les aérosols se répandent notamment sur les murs du Cours Julien et de la Plaine, tandis que rap, danse et graffiti évoluent dans une même scène. La ville compte aujourd’hui des fresques monumentales, des artistes reconnus et des lieux déjà consacrés aux arts de la rue.
La Tulipe donne désormais à cette pratique une adresse durable dans un ancien morceau de Marseille industrielle, au nord de la ville. Pour l’ouverture, les murs de la vieille savonnerie deviennent eux-mêmes le support : ils sont donnés à peindre.