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À Arles, après le festival, septembre devient l’école du regard

Jusqu’au 2 octobre, près de 400 groupes parcourent chaque année Arles pour visiter, fabriquer et décoder des images au cœur de son écosystème photographique.

Illustration de jeunes photographes à Arles

En juillet, Arles expose la photographie au monde. En septembre, elle la met entre les mains des élèves. Depuis le 1er septembre et jusqu’au 2 octobre, Une Rentrée en Images transforme une partie de la ville en école du regard, avec des journées gratuites mêlant expositions, ateliers et découverte du patrimoine.

Le dispositif existe depuis plus de vingt ans. Chaque année, une équipe de médiation reçoit près de 400 groupes venus d’une douzaine de départements, scolaires mais aussi issus des secteurs social et médico-social. Pour 2026, le ministère de l’Éducation nationale indique que 420 classes et groupes peuvent être accueillis, de la maternelle au master. Chaque groupe suit pendant une journée un parcours personnalisé de trois activités.

C’est ce qui distingue cette rentrée de la simple prolongation du festival, déjà visible au début de l’été. Les groupes ne restent pas devant une succession de cimaises. Ils circulent entre les lieux des Rencontres et les institutions culturelles arlésiennes, rencontrent des œuvres et des professionnels, puis passent eux-mêmes à la fabrication.

Le programme 2026 rend cette transmission assez tangible. Dans « Artifices photographiques : le vrai du faux », les participants partent d’une exposition avant de produire leurs propres images en travaillant sur le rapport entre photographie, texte, contexte et réalité de l’information. Ailleurs, un mini-studio permet de fabriquer une petite histoire avec photographies, lumières et matières. L’image est regardée, mais aussi manipulée pour comprendre comment elle fonctionne.

Cette mécanique repose sur quelque chose qu’Arles a mis des décennies à accumuler : des expositions, des médiateurs, des photographes, des musées, une école nationale de photographie, du patrimoine et des institutions capables de travailler ensemble. Les Rencontres indiquent que le dispositif touche environ 12 000 personnes par an. À cette échelle, la grande saison photographique ne disparaît pas une fois juillet passé : elle laisse derrière elle des compétences et des lieux qui continuent de servir.

L’atelier consacré au vrai et au faux donne aussi une dimension critique à cet apprentissage. Lire une photographie, c’est se demander comment elle a été construite, transformée ou sortie de son contexte. Éduscol insiste sur cette attitude active face aux images ; à Arles, elle prend la forme moins abstraite d’un atelier où l’on fabrique soi-même du vrai, du faux et tout ce qui peut se glisser entre les deux.

Pendant un mois, cette compétence se voit dans la ville : des groupes quittent une exposition, traversent Arles, rejoignent un atelier et recommencent à regarder. Le festival est encore là, mais l’appareil a changé de mains.

Sources consultées
  1. Les Rencontres d'ArlesUne Rentrée en Images
  2. Les Rencontres d'ArlesAteliers et rencontres proposés par le festival
  3. Ministère de l'Éducation nationale, éduscolL'éducation aux images aux Rencontres de la photographie, Arles