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À la Belle de Mai, Artagon passe du provisoire au temps long

Dans son nouveau hangar marseillais de 2 000 m², Artagon donne à trente artistes et projets culturels près de deux ans pour travailler. Le site doit rester au moins cinq ans.

Ateliers d’Artagon à la Belle de Mai

Les portes se sont ouvertes les 28 et 29 août au 10 impasse Sainte-Victorine. Après deux adresses temporaires à Sainte-Marthe puis Saint-Tronc, Artagon Marseille s’installe au Hangar Belle de Mai pour au moins cinq ans.

Ce changement de durée est l’intérêt principal du nouveau lieu. Sur 2 000 m², trente artistes, collectifs, structures et porteurs de projets travaillent dans des ateliers ou des bureaux partagés jusqu’en octobre 2027, avec 22 mois d’accompagnement. Au premier étage, les ateliers de 30 à 55 m² accueillent chacun deux ou trois résidents ; un bureau collectif de 85 m² en réunit une quinzaine.

Ces mètres carrés mettent côte à côte des pratiques assez différentes. Anis Amamou est photographe et auteur, Saphir Belkheir chorégraphe et performeur, Marie Fages cinéaste et scénographe. SOLAR réunit des femmes photographes ; Comme nous brûlons et Wassiya travaillent dans l’édition. D’autres résidents viennent de la musique, du commissariat d’exposition, du cinéma ou de la recherche artistique. Le Hangar fonctionne ainsi moins comme une galerie que comme un lieu où fabriquer, répéter, écrire, monter un projet et apprendre à le faire durer.

Artagon lui-même connaît bien la précarité des adresses. Sa première implantation marseillaise occupait en 2021 et 2022 l’ancienne usine Ricard de Sainte-Marthe. Une deuxième promotion a ensuite travaillé dans une ancienne école de Saint-Tronc jusqu’à l’automne 2025. Le passage au Hangar Belle de Mai ajoute donc à l’accompagnement des artistes une ressource décisive : la possibilité de s’installer.

Le quartier donne à ce choix une résonance particulière. À quinze minutes à pied se trouve la Friche de la Belle de Mai, née après la fermeture de la manufacture des tabacs autour de 1990. Dès le début des années 1990, des artistes investissent les anciens bâtiments ; la Ville accompagne ensuite leur transformation en ensemble culturel et patrimonial. Cette histoire a installé dans le quartier une longue pratique de reconversion de lieux de travail en espaces de création.

Artagon prévoit des ouvertures régulières et des projets avec les associations, les écoles et les habitants de la Belle de Mai et de Saint-Mauront. Pour l’instant, le changement est déjà tangible derrière les portes de l’impasse Sainte-Victorine : pendant près de deux ans, trente artistes, collectifs, structures et projets disposent d’espaces partagés où travailler.

Sources consultées
  1. ArtagonArtagon Marseille
  2. ArtagonOuverture des portes 2026 | Artagon Marseille
  3. Centre national des arts plastiquesAppel à candidatures 3ème promotion (2026-2027) – Artagon Marseille
  4. Ville de MarseilleFriche de la Belle de Mai