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Dengue à Marseille : pourquoi un seul cas déclenche démoustication et porte-à-porte

Un premier cas autochtone de dengue a été confirmé dans le 12e arrondissement. Sa détection déclenche démoustication, enquête et recherche de cas secondaires.

Illustration - moustique tigre à Marseille

Un premier cas autochtone de dengue a été confirmé dans le 12e arrondissement de Marseille, le premier en Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2026. Pour les autorités sanitaires, le mot « autochtone » est décisif : la personne n’a pas voyagé dans une zone où le virus circulait dans les quinze jours précédant ses symptômes. Le virus a donc été transmis localement par un moustique tigre.

À partir de ce seul diagnostic, une chaîne d’intervention se met en marche. L’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen intervient sur la voie publique et dans les jardins privés proches des lieux retenus par l’enquête sanitaire. Elle cherche à éliminer les moustiques susceptibles de transmettre le virus et les gîtes où se développent leurs larves.

En parallèle, l’ARS et Santé publique France, avec l’appui de la Ville de Marseille, prévoient du porte-à-porte dans les quartiers concernés. Ces visites servent notamment à rechercher d’éventuels cas secondaires. Médecins, établissements de santé, laboratoires et pharmacies du secteur sont aussi alertés afin qu’un nouveau patient puisse être diagnostiqué et signalé rapidement.

Le dispositif dépend précisément de cette vitesse. Chaque cas confirmé de dengue, importé ou autochtone, doit être déclaré à l’ARS. Une enquête cherche ensuite à identifier les lieux possibles de contamination et les endroits où une propagation pourrait se produire. L’EID peut alors intervenir autour du cas. Le diagnostic médical n’est donc que le premier maillon d’une opération qui descend jusqu’à l’échelle d’une rue ou d’un jardin.

L’ARS n’a pas publié le périmètre précis traité dans le 12e arrondissement. Il ne s’agit pas d’une démoustication générale de Marseille : les opérations suivent les lieux identifiés par l’enquête sanitaire.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, plus de 97 % de la population vit désormais au contact du moustique tigre. La saison 2025 avait montré ce que peut produire une transmission locale installée : la région avait enregistré 450 cas autochtones de chikungunya et 16 de dengue, répartis au total dans 35 épisodes distincts de transmission.

En 2026, la dengue reste à ce stade beaucoup plus souvent importée que transmise localement. Au 24 août, Santé publique France recensait 328 cas importés depuis le début de la surveillance renforcée le 1er mai, contre cinq cas autochtones répartis dans quatre épisodes, dont celui des Bouches-du-Rhône.

Pour les habitants, l’intérêt d’une intervention aussi précoce tient à ce décalage : empêcher qu’une introduction du virus devienne une petite chaîne locale. Une personne présentant une forte fièvre avec des douleurs musculaires ou articulaires, des maux de tête ou une éruption cutanée est invitée à consulter rapidement. Si elle est infectée, éviter les nouvelles piqûres limite aussi le risque qu’un moustique acquière le virus et le transmette ensuite.

Dans le 12e arrondissement, la réponse sanitaire se joue donc autant dans les cabinets médicaux et les laboratoires que dans les rues et les jardins, où l’EID cible moustiques et gîtes larvaires tandis que les autorités sanitaires recherchent d’éventuels nouveaux malades.

Sources consultées
  1. Santé publique FranceUn premier cas de dengue détecté en Provence-Alpes-Côte d’Azur
  2. Santé publique FranceChikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 26 août 2026
  3. Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’AzurEn 2026 : mobilisation renforcée contre le moustique tigre ! Activation du dispositif de surveillance et de lutte contre les maladies transmises par le moustique tigre