
À Vitrolles, la panne a commencé le 19 août vers 16 h 30. Le lendemain matin, 2 500 clients restaient privés d’électricité, tandis que 2 500 autres avaient été réalimentés pendant la nuit. Enedis recherchait plusieurs défauts sur le réseau souterrain. À 16 h, près de 70 % des clients touchés avaient retrouvé le courant.
La chaleur était directement en cause dans les communiqués d’Enedis relayés par la Ville. Après plusieurs journées très chaudes, les sols goudronnés avaient localement approché 80 °C. Sous la chaussée, cette chaleur s’évacue mal pendant la nuit et continue de solliciter câbles, isolants et boîtes de jonction. Un défaut peut alors déclencher les protections du réseau et couper l’alimentation.
La difficulté commence ensuite sous les pieds des habitants. Sur une ligne aérienne, une rupture peut être visible. Pour un câble enterré, il faut d’abord localiser précisément le défaut avant d’ouvrir la chaussée et de réparer. Le maillage du réseau permet parfois de faire circuler l’électricité par un autre chemin et de réalimenter une partie des clients avant la fin des travaux.
À Marseille, cette vulnérabilité fait déjà l’objet d’un programme de renouvellement massif. Lors du lancement de son programme « Réseau Marseille » fin 2025, Enedis recensait encore 160 km de câbles souterrains moyenne tension à papier imprégné, ou CPI. Ces équipements anciens sont particulièrement sensibles aux fortes chaleurs. L’entreprise prévoit d’en remplacer plus de 40 km par an par des câbles à isolation synthétique et vise leur disparition complète du réseau marseillais en 2030.
Le programme représente 250 millions d’euros sur 2025-2030. Il ne finance pas seulement la résistance aux canicules : Marseille doit aussi alimenter de nouveaux usages électriques, du tramway aux installations portuaires et industrielles. Enedis estime aujourd’hui la durée moyenne annuelle de coupure à environ 75 minutes à Marseille et veut la ramener à 40 minutes en 2030.
L’épisode de Vitrolles donne une forme très visible à ce travail beaucoup moins visible. L’adaptation du réseau électrique aux étés plus chauds passe aussi par des kilomètres de câbles que personne ne voit, remplacés sous les rues avant que leur faiblesse ne se manifeste au-dessus.