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À Salon, l’accident d’un SR-20 révèle une formation des pilotes en pleine refonte

Le 17 août, un avion-école de la BA 701 a fini son vol sur la D113. L’accident révèle le rôle de Salon dans la formation militaire et la refonte engagée avec Mentor 2.

Illustration - avion-école près de Salon

Lundi 17 août vers 9 h 45, un Cirrus SR-20 de l’École de l’air et de l’espace a effectué un atterrissage d’urgence sur la D113 à Salon-de-Provence pendant un vol d’instruction. Le général Olivier Kaladjian, commandant de la base aérienne 701, a expliqué à Maritima que l’appareil avait subi une « panne majeure ». L’instructeur et son élève ont pu sortir avant que l’avion, qui avait heurté une barrière, ne soit détruit par le feu. Ils ont ensuite été conduits à l’hôpital pour des examens. La route a été coupée le temps de sécuriser l’épave. Selon le commandant de la base, deux enquêtes ont été ouvertes, par le BEA-É et la gendarmerie de l’Air. La cause n’est pas encore établie.

L’accident a fait surgir sur une route départementale une activité habituellement beaucoup plus discrète. Salon-de-Provence accueille le début du cursus aéronautique de tous les futurs personnels navigants de l’armée de l’Air et de l’Espace. C’est au Centre de formation aéronautique militaire initiale, sur la BA 701, qu’ils réalisent leurs premiers vols militaires d’instruction. L’École de l’air et de l’espace accueille au total environ 1 400 apprenants par an.

Cette première étape doit être réorganisée avec le programme Mentor 2. Notifié par la Direction générale de l’armement fin 2024, il prévoit d’installer à Salon 22 Pilatus PC-7 MKX et douze simulateurs. Les PC-7 doivent remplacer à la fois les Cirrus SR-20 de Salon et les Grob 120A utilisés à Cognac. La phase élémentaire sera ainsi regroupée sur un seul site et autour d’un seul type d’avion, avec davantage de simulation. La DGA en attend un cursus plus continu et plus court. Cette réorganisation était donc décidée bien avant l’accident du 17 août.

Le contrat donne la mesure financière du changement. Dans ses comptes, Babcock International France Aviation indique que Mentor 2 court sur quinze ans pour un montant maximal de 795 millions d’euros, dont 217 millions d’options. Cette somme ne correspond pas au seul achat de 22 avions : elle couvre aussi les simulateurs, la formation initiale, le soutien des appareils pendant leur cycle de vie, les infrastructures et les équipements des pilotes.

Une plus grande part de la formation élémentaire, avec ses avions, ses simulateurs et son soutien, doit donc être concentrée à Salon. Aujourd’hui, le cursus est encore partagé entre plusieurs appareils et plusieurs bases. Mentor 2 doit ramener cette phase initiale sur le site provençal, avant que les élèves poursuivent notamment leur spécialisation sur d’autres bases, comme Cognac pour la chasse. À l’horizon 2027, les nouveaux PC-7 MKX et leurs simulateurs doivent être installés sur la BA 701.

Le 17 août, cette chaîne nationale de formation s’est retrouvée visible parce qu’un de ses avions a fini son vol sur la D113. Dans les prochaines années, son premier maillon doit au contraire se concentrer encore davantage derrière les pistes de Salon-de-Provence.

Sources consultées
  1. MaritimaCrash d’avion à Salon-de-Provence : « Je suis époustouflé », le récit du Général Kaladjian sur l’atterrissage héroïque qui a évité le pire
  2. Ministère des Armées et des Anciens combattantsÉcole de l’air et de l’espace
  3. Direction générale de l’armementLa DGA notifie le marché relatif à la formation des pilotes de l’armée de l’Air et de l’Espace et de la Marine nationale à Babcock International France Aviation
  4. Armée de l’Air et de l’EspaceLa livrée du PC-7 MKX a été dévoilée
  5. Babcock International France AviationComptes de l’exercice clos le 31 mars 2025