Ce dimanche 9 août, à Glanum, on pourra apprendre à manier un bouclier, écrire sur une tablette de cire ou s’essayer au tissage. Le 10e Forum de la BD antique ouvre ainsi la 20e édition d’Arelate à Saint-Rémy-de-Provence, avant six journées romaines à Arles du 17 au 22 août.
Vingt éditions après ses débuts, le festival ne veut pourtant pas rejouer éternellement la même Rome. Dans son dossier 2026, son président Charles Kachelmann prévient les habitués qu’ils constateront des changements dans la manière « d’incarner l’Antiquité ». L’association dit suivre l’évolution de la recherche historique et consulter régulièrement des spécialistes, notamment sur les pratiques et la vie quotidienne. Elle ne précise pas quelles reconstitutions ont été corrigées cette année.
À Glanum, la transmission passe par des gestes élémentaires. À Arles, elle prendra d’autres formes : fabrication d’objets dans la Vita Romana, salle à manger romaine reconstituée par des artisans d’art, forge, campements gaulois et romain, conférences et projections du Festival du Film Peplum dans le théâtre antique. Pour les vingt ans, certaines animations des éditions précédentes reviennent au programme, avec de nouveaux ateliers autour de la vannerie et de la poterie.
Cette semaine repose sur une cinquantaine de bénévoles mobilisés pendant le festival, aux côtés d’archéologues, d’historiens, de reconstituteurs, d’artisans et de plusieurs institutions culturelles. Les premières animations sont nées autour du Festival Peplum et d’un partenariat avec le musée départemental Arles antique en 2005, avant qu’Arelate ne devienne un festival autonome en 2007.
Le rendez-vous a depuis trouvé son public. L’organisateur revendique plus de 300 000 visiteurs cumulés depuis 2007 et en a compté 15 200 en 2025. Ces chiffres disent surtout la durée d’une habitude locale : chaque mois d’août, les vestiges antiques d’Arles cessent quelques jours d’être uniquement des monuments à regarder.
La 20e édition commence donc à 25 kilomètres de là, sur le plateau des Antiques de Glanum. Avant les cortèges et les soirées au théâtre antique, elle tient dans trois gestes beaucoup plus modestes : prendre un bouclier, tendre quelques fils sur un métier et graver des lettres dans la cire.