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À Marseille, six semaines de grève rendent visibles les ouvriers d’Haribo

Aux Arnavaux, des salariés débrayent depuis le 26 juin pour obtenir une hausse salariale. Le conflit révèle le travail industriel derrière les bonbons Haribo.

Illustration - Grévistes devant l’usine Haribo

À l’usine Haribo des Arnavaux, le conflit dure désormais depuis six semaines. Depuis le 26 juin, des salariés interrompent le travail deux heures par jour et par poste. Ils réclament une hausse uniforme de 100 euros brut par mois ainsi qu’une revalorisation de la prime d’ancienneté de 15 % à 18 %.

Jeudi 6 août, CGT et FO avaient appelé à un nouveau rassemblement devant les grilles du 67 boulevard du Capitaine-Gèze, dans le 14e arrondissement. Le mouvement a trouvé son slogan, simple détournement de l’univers joyeux de la marque : « Pas de ronds, pas de bonbons ». Jean-Pierre Martins, délégué CGT interrogé par Maritima, décrivait un dialogue toujours bloqué après un mois et demi de mobilisation.

Le désaccord tient d’abord aux salaires. Haribo a annoncé par communiqué une augmentation générale de 1,5 %. Sofia, déléguée CGT, affirme que cette proposition additionne les 0,9 % initialement prévus à 0,6 % supplémentaires, soumis à l’atteinte d’objectifs de production. La direction présente au contraire l’ensemble comme une hausse générale et défend sa politique salariale des cinq dernières années. Les deux parties ne s’opposent donc pas seulement sur le montant, mais sur la part réellement garantie.

La durée du conflit fait aussi ressortir ce que les paquets colorés laissent habituellement hors champ : le travail nécessaire pour faire tourner une usine de confiserie. Des salariés décrivent les bonbons qui peuvent bloquer une machine, les incidents mécaniques à résoudre et les conditionnements à préparer avant le redémarrage des lignes. Ils contestent la capacité d’intérimaires ou de cadres mobilisés dans les ateliers à remplacer immédiatement cette expérience.

Le site abrite aussi le siège social français d’Haribo, et l’entreprise présente Marseille et Uzès comme ses deux villes de production en France. Derrière une marque connue dans tout le pays, une partie de la fabrication reste donc attachée à un lieu précis des quartiers nord, à ses salariés et au travail en équipes.

La direction a annoncé une réunion avec les représentants du personnel le 28 septembre. Les syndicalistes jugent cette échéance trop tardive alors que, selon eux, les lignes travaillent déjà sur les volumes destinés à Halloween. Aucun nouvel accord n’avait été rendu public jeudi 6 août dans l’après-midi.

Au 67 boulevard du Capitaine-Gèze, six semaines de débrayages ont ainsi ramené le bonbon à sa réalité matérielle : des machines, des postes, des gestes appris et des ouvriers. Devant les grilles, leur revendication tient toujours en six mots : « Pas de ronds, pas de bonbons ».

Sources consultées
  1. Les Nouvelles PublicationsGrève chez Haribo à Marseille : la direction fait une offre, les salariés restent mobilisés
  2. France 3 Provence-Alpes-Côte d’AzurHaribo : les salariés de la marque de bonbons commencent leur 6ᵉ semaine de grève
  3. MaritimaHaribo Marseille : « Pas de ronds, pas de bonbons », la colère s’enracine après 6 semaines de grève
  4. Révolution permanente« Pas de ronds, pas de bonbons ! » : les travailleurs de Haribo Marseille en grève pour leurs salaires
  5. Haribo FranceQuestions fréquentes