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En entrant chez Gaïa, NGE vise les centrales autant que les chantiers

NGE prend une participation dans le développeur marseillais Gaïa et vise 200 MW d’ici 2030. À Vitrolles, Geothermar doit encore prouver la ressource géothermique.

Illustration de centrales renouvelables

NGE est entré le 7 juillet au capital de Gaïa Energy Systems, développeur et exploitant marseillais d’énergies renouvelables. Ensemble, les deux entreprises veulent disposer d’au moins 200 MW de capacités de production électrique et thermique d’ici 2030.

La nouveauté n’est pas une technologie. NGE sait déjà financer des infrastructures par sa branche concessions, les concevoir, les construire et les entretenir. Gaïa lui apporte le développement des projets et leur exploitation dans la durée. Le groupe de travaux publics ne cherche donc plus seulement à livrer des centrales : il veut rester dans l’affaire une fois les engins de chantier repartis.

L’opération lui permet de s’appuyer immédiatement sur cinq centrales hydroélectriques, une centrale photovoltaïque au sol et deux portefeuilles d’installations photovoltaïques en toiture déjà exploités par Gaïa. La puissance cumulée de ces installations n’est pas publiée, pas plus que le montant investi ou la part exacte acquise par NGE.

Les 200 MW constituent ainsi un objectif, non le bilan d’un parc déjà construit. Juste après l’entrée de NGE, Gaïa a acquis trois projets photovoltaïques flottants totalisant 13 MW en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. Là encore, il s’agit de projets à développer, pas de centrales entrées en production.

Dans les Bouches-du-Rhône, les deux entreprises collaboraient déjà avant cette prise de participation. Elles détiennent conjointement Geothermar, société créée pour rechercher de la chaleur souterraine entre Marseille, Vitrolles, Marignane et l’étang de Berre. Cette opération complète l’alliance récemment formée par NGE avec BW Ideol autour de l’éolien flottant à Fos-sur-Mer, sans se confondre avec elle : NGE associe désormais plusieurs moyens de produire et d’exploiter de l’énergie, plutôt qu’une seule filière.

Geothermar a déposé une demande de permis exclusif de recherches couvrant 390 km² et 23 communes. S’il est accordé, ce titre lui donnera pendant cinq ans l’exclusivité des recherches géothermiques dans ce périmètre. Il n’autorisera pas à lui seul les forages, qui devront faire l’objet de procédures supplémentaires.

Le projet le plus avancé sur le papier se situe près de l’aéroport Marseille Provence. Les études recensent 82 GWh de besoins annuels auprès de la ville de Vitrolles, de l’aéroport et d’Airbus Helicopters. Un doublet géothermique d’environ 10 MW pourrait contribuer à alimenter un réseau de chaleur long d’une vingtaine de kilomètres.

La ressource reste toutefois à démontrer. Les travaux du BRGM situent autour de Vitrolles une cible possible à moins de 2 000 mètres de profondeur, avec une température estimée entre 50 et 70 °C. Aucun forage local ne confirme encore la température ni le débit disponibles, et les précédentes autorisations obtenues par Geothermar n’ont pas débouché sur les travaux exploratoires annoncés.

L’entrée de NGE chez Gaïa constitue donc une montée en capacité industrielle, pas une centrale nouvelle. Elle associe désormais le développement, le financement, le chantier et l’exploitation. Près de Vitrolles, cette chaîne ne produira de chaleur qu’après deux étapes décisives : obtenir l’autorisation de forer, puis trouver sous l’aéroport une eau suffisamment chaude et abondante.

Sources consultées
  1. NGEEn s’associant à Gaïa Energy Systems, NGE accélère son développement dans la transition énergétique
  2. Ministère de l’ÉconomieParticipation du public sur la demande de permis exclusif de recherches de géothermie de Marseille-Berre
  3. Autorité environnementale de l’IGEDDAvis sur la demande de permis exclusif de recherches de gîtes géothermiques Marseille-Berre
  4. BRGMGéothermie profonde autour de l’étang de Berre : résultats du projet Géoscan Arc