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À Fos, les flotteurs seraient fabriqués, les éoliennes assemblées ailleurs

BW Ideol et NGE candidatent pour produire jusqu’à trente flotteurs par an à Fos. Les éoliennes complètes devraient ensuite être assemblées dans un autre port.

Flotteurs d’éoliennes au port de Fos

BW Ideol et NGE veulent fabriquer en série des flotteurs d’éoliennes à Fos-sur-Mer. Associés à parts égales dans le projet Fos3F, les deux groupes ont candidaté pour occuper 30 hectares et 400 mètres de quai sur la plateforme DEOS du Grand Port maritime de Marseille. L’emprise portuaire n’est pas encore attribuée.

Selon le consortium, l’usine pourrait produire jusqu’à trente fondations flottantes par an, correspondant à environ 500 MW d’éoliennes. Ces immenses bases, destinées à maintenir les machines en mer profonde, quitteraient ensuite Fos sans leur mât, leur nacelle ni leurs pales. L’assemblage complet aurait lieu dans un autre port, « à l’image de Port-la-Nouvelle » selon le port de Marseille-Fos.

Cette séparation n’était pas prévue au départ. DEOS devait accueillir à Fos la construction des flotteurs puis l’assemblage des éoliennes. Le projet a été redessiné après la confirmation de limitations de hauteur dans les zones survolées par les appareils de la base aérienne d’Istres. Fos conserverait ainsi la fabrication des fondations au bord de la darse 2, tandis qu’un autre port recevrait la dernière partie du travail.

Le partenariat annoncé le 23 juillet désigne désormais le consortium candidat à cette organisation industrielle. BW Ideol fournit son modèle de fondation flottante en béton. NGE participerait à la conception et à la construction des installations nécessaires à leur production. Les deux entreprises sont déjà implantées dans les Bouches-du-Rhône : NGE a son siège à Saint-Étienne-du-Grès et BW Ideol est établi à La Ciotat depuis sa création.

Fos3F bénéficie par ailleurs de soutiens publics pouvant atteindre 126 millions d’euros, dont une subvention européenne dont la convention a été signée. Le coût total de l’usine n’a pas été publié.

Fos3F dépend toutefois d’un chantier public plus large. DEOS engage Fos dans des travaux de quais, de terre-pleins et de stockage à flot. Le Grand Port maritime évalue son investissement à 303 millions d’euros, avec un début des travaux envisagé en 2028 et de premières infrastructures livrées au début de 2030. Sans ces aménagements, aucune production en série ne serait possible.

Le calendrier rejoint celui de l’appel d’offres national AO10, publié en juin. Il porte sur environ 10 GW d’éolien en mer, dont 5 GW flottants, avec des attributions prévues en février 2027. Ce volume pourrait alimenter les futures usines françaises, sans garantir que Fos3F fabriquera les fondations choisies par les développeurs.

Le partenariat réunit désormais la technologie du flotteur et les moyens de construire l’usine, mais Fos3F doit encore obtenir l’emprise portuaire, voir DEOS sortir de terre et décrocher ses commandes. Si ces conditions sont réunies, la darse 2 verra naître les flotteurs avant leur départ vers le port où seront dressées les éoliennes.

Sources consultées
  1. BW IdeolBW Ideol and NGE join forces in the Mediterranean
  2. Grand Port maritime de MarseilleConsultation éolienne en mer
  3. Grand Port maritime de Marseille, concertation DEOSLe projet avance
  4. Commission européenneInnovation Fund projects
  5. Gouvernement françaisLe Gouvernement annonce la publication du cahier des charges de l’appel d’offres n°10 pour l’éolien en mer