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À Fos, GravitHy met le réseau électrique à l’épreuve

GravitHy a déposé ses demandes d’autorisation à Fos-sur-Mer. Son usine dépend d’un réseau où plus de 6 GW de nouveaux raccordements sont déjà demandés.

Usine et lignes électriques à Fos

GravitHy a déposé jeudi 23 juillet ses demandes d’autorisations administratives et le permis de construire de sa future usine de fer bas carbone à Fos-sur-Mer. Le projet entre en instruction. Pour tenir son calendrier, il devra trouver sa place dans un port et un réseau électrique déjà sollicités par plusieurs nouvelles usines.

L’entreprise prévoit d’occuper environ 70 hectares sur le môle central minéralier. Elle annonce plus de 3 milliards d’euros d’investissement, deux millions de tonnes de fer briqueté par an et 500 emplois directs. GravitHy vise une construction entre 2028 et 2030, puis une première production en 2031. Ces chiffres et ce calendrier sont ceux du porteur de projet : les autorisations, le financement complet et la décision finale d’investissement ne sont pas encore acquis.

L’usine importerait son minerai par bateau et produirait sur place l’hydrogène nécessaire à sa transformation. Ses électrolyseurs pourraient atteindre 720 MW, pour une production annoncée de 120 000 tonnes d’hydrogène par an. L’électricité n’est donc pas un simple branchement annexe. Elle conditionne le fonctionnement même du site.

Or GravitHy arrive dans une zone où les demandes s’accumulent. RTE recense plus de 6 GW de raccordements supplémentaires demandés dans Fos-Berre à l’horizon 2030, soit l’équivalent de la consommation électrique actuelle de la zone. L’industriel rejoint notamment H4 Marseille Fos, qui a déjà réservé une part de la production nucléaire pour son futur carburant d’avion.

Le réseau construit dans les années 1970 n’a pas été conçu pour cette concentration d’électrolyseurs, de fours électriques et de nouvelles usines. RTE prévoit près d’un milliard d’euros d’investissements dans le Gard et les Bouches-du-Rhône pour renforcer le réseau au bénéfice de l’ensemble de la zone. Un second autotransformateur a été mis en service au poste de Feuillane. Le gestionnaire prévoit également un nouveau poste 400/225 kV baptisé Minéralier sur le môle central et une ligne à très haute tension entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint-Vincent.

Ces équipements doivent servir plusieurs projets industriels annoncés dans la zone. La réindustrialisation de Fos dépend ainsi d’un calendrier collectif : une usine peut trouver ses investisseurs et obtenir son terrain, puis attendre encore la ligne, le poste électrique ou la capacité de raccordement qui lui permettront de fonctionner.

Le port apporte déjà à GravitHy une parcelle proche du terminal minéralier, des quais et des installations de manutention. Mais le site n’est pas une page blanche. Après la concertation publique, l’emprise de l’usine a été déplacée vers le sud en raison d’interrogations sur une pollution ancienne des sols. GravitHy a aussi abandonné l’importation de minerai très fin et une opération de briquetage afin de réduire les envols de poussières.

L’instruction examinera notamment la qualité de l’air, la biodiversité et les risques liés à la production et au stockage d’hydrogène. Pour Fos-sur-Mer, le prochain jalon sera la publication des études et des conditions auxquelles l’usine pourrait s’installer sur le môle central.

Sources consultées
  1. GravitHyGravitHy franchit une étape majeure avec le dépôt des demandes d’autorisations de son projet de Fos-sur-Mer
  2. GravitHyGravitHy-Fos : une usine pionnière d’envergure européenne
  3. RTEProgramme d’électrification Fos-Berre-Provence 2030
  4. RTELe poste électrique de Feuillane poursuit sa transformation
  5. RTENouveau pas décisif vers la transformation bas-carbone de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer
  6. Concertation GravitHyLes principales incidences