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À Marseille-Fos, les conteneurs accélèrent mais le test commence à terre

Marseille-Fos a traité 823 127 EVP au premier semestre, en hausse de 13 %. Pour rejoindre ou quitter l’arrière-pays, près de quatre conteneurs sur cinq passent encore par la route.

Illustration - Conteneurs et voies de Fos

Marseille-Fos a traité 823 127 EVP au premier semestre 2026, soit 13 % de plus qu’un an auparavant. Dans le même temps, le trafic global du port a reculé de 3 %, à 36,4 millions de tonnes. Ces deux chiffres décrivent un port qui gagne des conteneurs tout en restant fortement dépendant du pétrole, du gaz et de la sidérurgie.

Le recul général vient surtout des vracs. Le gaz naturel liquéfié chute de 46 %, à 2,2 millions de tonnes, sous l’effet d’une base de comparaison élevée et de contraintes techniques sur les capacités d’importation. Les vracs solides perdent 19 %, avec une baisse plus forte encore pour la sidérurgie. À l’inverse, le pétrole brut progresse de 10 %. À Fos, quelques grandes installations industrielles peuvent ainsi faire varier davantage le tonnage total que des centaines de milliers de conteneurs.

La hausse des boîtes est concentrée dans les bassins de Fos-sur-Mer, qui atteignent 713 321 EVP, en progression de 16 %. Marseille recule après le transfert de certaines lignes vers l’ouest. Les échanges avec l’Asie, l’arrivée de nouveaux services maritimes et des navires plus grands soutiennent cette croissance. Le transbordement progresse également : ces conteneurs changent de navire à Fos sans nécessairement entrer dans l’économie régionale. Le Port n’en publie pas la part exacte dans la hausse du semestre.

Pour les marchandises destinées à l’intérieur du pays, la performance se décide après le quai. Dans la répartition des acheminements vers l’arrière-pays enregistrée à fin mai, la route représente 79,5 %, le rail 16,2 % et le Rhône 4,3 %. Les volumes ferroviaires progressent de 11 %, mais le fluvial recule dans les mêmes proportions. Cette domination routière place la desserte de la zone industrialo-portuaire et la liaison Fos-Salon au cœur des débats sur la circulation, les nuisances et le développement industriel de l’ouest de l’étang de Berre.

Une partie des 95 millions d’euros engagés par le Port avant fin juin, sur 124,8 millions programmés cette année, sert donc à améliorer les services et les accès terrestres. La future zone de services ZSP2, un marché de 25,9 millions d’euros, doit réunir sur 45 hectares du stockage, de la maintenance et une cour ferroviaire près des terminaux. À plus long terme, Fos 3XL prévoit 750 000 EVP de capacité supplémentaire, pour un investissement aujourd’hui estimé à environ 220 millions d’euros et une mise en service envisagée en 2031.

Le Port vise à Fos 25 % de rail et 11 % de fluvial en 2040, contre 17 % et 6 % en 2024. Cette trajectoire prolonge la bataille logistique menée sur l’axe Rhône-Saône, mais le semestre montre le travail restant : le rail gagne du terrain, le fleuve en perd et la route transporte toujours près de quatre boîtes sur cinq.

Marseille-Fos a réussi à attirer davantage de conteneurs. Leur bénéfice pour le territoire dépendra désormais de ce qui se passe derrière les portiques, sur les faisceaux de Graveleau, les axes routiers de Fos et les barges du Rhône.

Sources consultées
  1. Port de Marseille FosBilan du 1er semestre 2026
  2. Port de Marseille FosSynthèse du projet stratégique Marseille Fos 25-29
  3. Commission nationale du débat publicQuatrième rapport intermédiaire de la concertation continue sur la liaison routière Fos-Salon