
Selon la CGT, plus de 200 agents du centre hospitalier de Martigues ont cessé le travail jeudi 16 juillet, aux côtés de la CFDT. Le syndicat annonce aussi une grève reconductible au bloc opératoire. Leur motif tient en vingt minutes : la direction veut cesser de comptabiliser automatiquement la pause quotidienne comme du travail effectif.
La mesure n’est pas encore appliquée uniformément. Le directeur, Loïc Mondoloni, défend une mise en conformité réglementaire, mais annonce un examen service par service à partir de la rentrée. Dans un hôpital, certains agents peuvent quitter leur poste pendant leur pause quand d’autres doivent rester immédiatement mobilisables.
À l’échelle des Rayettes, vingt minutes produisent un chiffre saisissant. La chambre régionale des comptes estime que leur comptabilisation représente 73 800 heures rémunérées chaque année, soit l’équivalent théorique de 46 emplois à temps plein. Le calcul additionne du temps inscrit dans les horaires du personnel non médical concerné : il ne correspond ni à 46 postes existants, ni à une économie automatiquement récupérable.
Le droit prévoit une pause de vingt minutes dès que le travail quotidien atteint six heures. Pour savoir si elle compte comme travail, il regarde surtout ce que l’agent peut réellement en faire. S’il reste à la disposition de son employeur et ne peut vaquer librement à ses occupations, ce temps demeure du travail effectif.
La chambre régionale considère qu’à Martigues, la pause méridienne était généralement comptée alors que les agents n’étaient pas à la disposition de l’établissement. Elle demande donc la fin de cette pratique. Dans l’organisation envisagée par la direction, une journée de sept heures ne compterait plus que 6 h 40 de travail effectif, sauf dans les situations particulières qui doivent être identifiées.
Pour les personnels concernés, la non-comptabilisation de ces vingt minutes augmente le temps annuel à accomplir et réduit les RTT. La CFDT affirme que certains cycles perdraient une grande partie de leurs jours de repos. Les conséquences dépendront cependant des horaires et de l’organisation de chaque service.
Le conflit concerne un établissement doté de près de 600 lits et places. Seul hôpital public de l’ouest de l’Étang de Berre, il dessert un secteur où ses urgences sont les troisièmes plus fréquentées des Bouches-du-Rhône.
Ses comptes lui laissent peu de marge. En 2023, dernier exercice détaillé par la chambre régionale, le budget principal accusait un déficit de 6 millions d’euros pour 158 millions d’euros de produits. L’hôpital doit en parallèle rénover ses urgences, ses soins critiques et son bloc opératoire. Cette première phase est estimée à 60 millions d’euros. Selon le calendrier présenté par l’ARS, le projet devait encore être définitivement validé en 2026, avant un début des travaux prévu en 2029.
Les vingt minutes ne financeront pas cette reconstruction. Mais dans un établissement déficitaire, cette pratique ancienne ne peut plus être traitée comme un simple usage local. La négociation de rentrée devra distinguer les agents réellement libres pendant leur pause de ceux qui restent mobilisables auprès des patients. Aux Rayettes, cette distinction déterminera l’essentiel de l’application de la réforme, service par service.
Sources consultées
- CGT Hôpital de MartiguesPlus de 200 agents mobilisés le 16 juillet 2026
- MaritimaHôpital de Martigues : « Ma porte reste toujours ouverte » assure le directeur
- Maritima« On passe de 19 jours de repos RTT à 4 »
- Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’AzurRapport d’observations définitives sur le centre hospitalier de Martigues
- LégifranceDécret n° 2002-9 du 4 janvier 2002 relatif au temps de travail dans les établissements hospitaliers
- Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’AzurUn investissement de 60 millions d’euros pour le centre hospitalier de Martigues