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À Fos, jusqu’à 2,94 millions d’euros pour filtrer les PFAS

Le port de Marseille Fos confie aux Eaux de Marseille quatre années de filtration pour rétablir une eau consommable dans les bassins Ouest.

Filtration de l’eau au port de Fos

Dans l’enceinte du port de Fos-sur-Mer, l’eau du réseau du Ventillon ne peut plus être consommée par les salariés. Le Grand Port maritime de Marseille a conclu le 10 juillet un marché de quatre ans avec la Société des Eaux de Marseille pour installer des filtres au charbon actif. L’accord-cadre pourra atteindre 2,94 millions d’euros.

Ce montant est un plafond, pas une facture déjà engagée. Le port commandera les équipements selon ses besoins. Le contrat couvre leur fourniture, leur installation, leur mise en service puis leur enlèvement. Aucune date n’est encore annoncée pour la levée de l’interdiction de boire l’eau.

L’affaire révèle une fonction peu visible du port de Marseille Fos. Dans les bassins Ouest, le Grand Port ne gère pas seulement des quais et du foncier industriel. Il exploite aussi un captage dans la nappe de la Crau et distribue de l’eau potable aux entreprises implantées dans cette zone industrialo-portuaire de 10 000 hectares.

Un dossier de l’Autorité environnementale évaluait en 2017 la production du Ventillon à environ 3 millions de mètres cubes par an. Cette eau potable ne représentait alors que 10 % de l’eau consommée dans la zone. Les procédés industriels utilisaient surtout l’eau brute du canal d’Arles à Fos, ainsi que de l’eau de mer pour certains usages. Ces chiffres donnent un ordre de grandeur historique, pas le débit actuel du réseau.

Cette séparation évite de traiter comme potable toute l’eau nécessaire aux procédés industriels. Elle crée aussi une dépendance nette : lorsque le Ventillon est touché, les usages nécessitant une eau potable sont directement affectés, même si la zone dispose par ailleurs d’autres ressources pour ses activités industrielles.

Depuis le 12 janvier 2026, le contrôle de vingt PFAS et le respect d’une limite de 0,1 microgramme par litre pour leur somme sont obligatoires au robinet du consommateur. En juin, un arrêté préfectoral a interdit la consommation de l’eau dans l’enceinte du port pour les salariés qui y travaillent, selon Marsactu.

Le charbon actif apporte une réponse rapide, mais limitée. Il peut retenir une partie des PFAS et permettre de sécuriser l’eau distribuée. Il ne détruit pas ces molécules : il les concentre dans un matériau usagé qui doit ensuite être pris en charge. La filtration ne dépollue donc pas la nappe et ne répond pas, à elle seule, à la question de l’origine de la contamination.

Le marché donne au port un moyen de remettre le Ventillon en service pendant que l’origine et le traitement durable de la pollution restent à établir. La prochaine étape sera la levée de l’interdiction et le retour d’une eau consommable dans les bassins Ouest.

Sources consultées
  1. BOAMPAvis d’attribution n° 26-69809, mise à disposition de systèmes de filtration des PFAS pour la station du Ventillon
  2. Profil acheteur du Grand Port maritime de MarseilleMise à disposition de systèmes de filtration des PFAS pour la station de production d’eau potable du Ventillon
  3. Autorité environnementale, IGEDDPrélèvement des eaux du champ captant du Ventillon à Fos-sur-Mer
  4. Ministère de la Transition écologiquePFAS : surveillance de l’état des eaux de la France
  5. MarsactuPolluants éternels à Fos : le préfet interdit la consommation d’eau sur le port
  6. BRGMPFAS : les réponses à vos questions