
La Métropole Aix-Marseille-Provence veut créer 50 000 m³ de stockage temporaire dans le premier émissaire, en aval du bassin Ganay. Elle a publié le 12 juillet un marché de maîtrise d’œuvre estimé à 1,153 million d’euros pour concevoir l’aménagement et suivre sa réalisation. Cette somme ne comprend pas les travaux, dont le coût et le calendrier ne sont pas encore connus.
Ce volume est du même ordre que la capacité du bassin Ganay. La comparaison fixe l’échelle, pas la performance : une conduite transformée en stockage ne fonctionnera pas nécessairement comme une cuve indépendante. La Métropole cherche néanmoins à tirer d’un ouvrage existant une réserve comparable à celle d’un des principaux équipements d’assainissement marseillais.
Le premier émissaire n’est pas une canalisation ordinaire. Construit entre 1891 et 1896, ce grand conduit de 12 kilomètres appartient au réseau unitaire historique du centre-ville. Dans ce réseau, les eaux usées et les eaux de pluie circulent dans les mêmes ouvrages. Lors des fortes précipitations, le débit peut dépasser ce que les conduites et la station Géolide peuvent absorber immédiatement. L’eau doit alors être retenue, puis renvoyée progressivement vers le traitement.
C’est déjà le rôle du bassin Ganay, mis en service en 2018. Le nouveau projet reprend cette logique, mais recherche du volume à l’intérieur du réseau lui-même. Il prolonge des études engagées depuis plusieurs années pour réduire les débordements et les rejets d’eaux non traitées vers le milieu marin. Le stockage dans le premier émissaire était encore à l’étude en 2023.
Ce choix s’explique aussi par les difficultés rencontrées pour construire de nouvelles cuves sous une ville dense. Les projets de bassins de Puget et de Saint-Mauront avaient été suspendus après des études faisant apparaître d’importantes contraintes techniques, administratives et locales. Le schéma adopté en 2018 avait alors ouvert d’autres pistes : tunnel de stockage, régulation du réseau et utilisation de galeries ou de conduites existantes.
La consultation actuelle doit définir les aménagements nécessaires. Elle couvre la conception, les dossiers réglementaires et environnementaux ainsi que le suivi des travaux. Le procédé retenu, la longueur d’émissaire mobilisée et les conditions permettant le stockage sans gêner l’écoulement normal restent à déterminer.
Le projet cherche ainsi à gagner de la capacité en utilisant un ouvrage existant plutôt qu’une nouvelle cuve, mais son intérêt économique ne pourra être jugé qu’avec le montant des travaux. À Ganay, l’étape qui s’ouvre consiste à déterminer comment le grand émissaire peut retenir un orage sans cesser d’évacuer les eaux du réseau.
Sources consultées
- BOAMPMaîtrise d’œuvre pour le stockage des eaux unitaires dans le premier émissaire en aval du bassin Ganay à Marseille, avis no 26-69552
- Métropole Aix-Marseille-ProvenceContrat métropolitain pour une gestion intégrée et durable du grand et petit cycle de l’eau, avenant no 2
- Métropole Aix-Marseille-ProvenceAvenant no 1 au contrat d’agglomération de Marseille
- SerammBassin de rétention Ganay
- SerammHistorique du réseau d’assainissement marseillais