Article

TactiCity : 79 000 euros pour tester la rue avant les travaux

Aix-Marseille-Provence engage 79 000 euros pour transformer ses essais d’urbanisme tactique en méthode commune avant les aménagements définitifs.

Aménagement urbain temporaire à Marseille

La Métropole Aix-Marseille-Provence consacrera 79 000 euros à TactiCity, un programme européen qui doit lui apprendre à tester rues et places avant d’engager leur aménagement définitif. La démarche court jusqu’en avril 2028. Les sites pilotes n’ont pas encore été publiés.

Cette enveloppe ne financera donc pas un nouveau réseau de places réaménagées. Elle couvrira principalement l’expertise, le personnel, les déplacements et la formation. Sur les 79 000 euros, 44 500 euros sont réservés aux prestations d’expertise et aux services extérieurs, contre 20 000 euros pour le personnel, 7 500 euros pour les déplacements, 4 000 euros pour les équipements et 3 000 euros pour le fonctionnement. La Métropole avancera les dépenses, puis pourra obtenir un remboursement du Fonds européen de développement régional allant jusqu’à 70 % des sommes éligibles, après leur certification.

TactiCity prévoit la constitution d’un groupe local, la rédaction d’un plan d’action, des expériences sur plusieurs sites et la formation des services métropolitains. Le programme est conduit par Milan, dont la démarche Piazza Aperte utilise peinture, mobilier démontable et transformations temporaires pour éprouver de nouveaux usages de l’espace public avec les habitants.

Aix-Marseille-Provence n’en est pas à son premier essai. À Frais-Vallon, des interventions légères ont déjà été employées autour des écoles. À Belsunce, l’ancien parking de la place de la Providence a été ouvert avec des bancs, une ombrière et des talus végétalisés pendant la préparation du projet définitif, dont le coût prévisionnel atteint 2,7 millions d’euros. À Port-de-Bouc, une piste cyclable transitoire de 400 mètres sert également à essayer des matériaux et des usages avant la transformation durable de la rue.

TactiCity doit désormais faire passer ces expériences ponctuelles à l’échelle d’une méthode métropolitaine. Un aménagement provisoire permet de vérifier où les piétons passent réellement, si un espace attire les familles, si une circulation peut être supprimée ou si le mobilier prévu gêne davantage qu’il ne sert. Ces observations peuvent servir à corriger un projet avant que ses choix ne soient arrêtés et les travaux lancés.

À cette échelle, les 79 000 euros constituent une dépense raisonnable si les essais produisent des critères communs et conduisent à modifier les projets définitifs. Le programme apporterait peu s’il se limitait à des ateliers, des échanges européens et quelques installations temporaires sans trace dans les décisions suivantes.

La prochaine étape donnera donc sa consistance à TactiCity : la Métropole devra nommer les rues ou les places retenues, préciser ce qu’elle souhaite y tester et montrer comment les résultats pourront modifier les aménagements définitifs.

Sources consultées
  1. Conseil de la Métropole Aix-Marseille-ProvenceProgramme européen URBACT IV, projet Tactical Urbanism for Inclusive Places, approbation des engagements financiers
  2. Bureau de la Métropole Aix-Marseille-ProvenceProjet TactiCity, approbation de la convention conjointe
  3. Métropole Aix-Marseille-ProvenceTactiCity : miser sur l’urbanisme tactique pour réinventer l’espace public
  4. URBACTTactiCity, Tactical urbanism for inclusive places
  5. Métropole Aix-Marseille-ProvenceLa place de la Providence ouvrira le 20 novembre