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Marseille étudie dix nouvelles bouées pour protéger ses sites de plongée

La Ville prépare dix bouées de mouillage écologique, pour organiser l’accès aux sites de plongée sans abîmer les fonds marins.

Bouée écologique sur fond marin

Marseille met à l’étude la pose de dix nouvelles bouées de mouillage écologique pour ses sites de plongée. La consultation, publiée le 9 juillet par la Direction de la mer et du littoral, ne commande pas encore les travaux: elle porte sur l’étude préliminaire et les dossiers réglementaires nécessaires avant toute installation.

L’objet paraît discret. Une bouée, un anneau, une ligne qui descend vers le fond. Mais sur la côte marseillaise, c’est une façon d’équiper l’accès à la mer sans laisser chaque bateau jeter son ancre au hasard. La Ville assure déjà la pose et l’entretien de 33 bouées d’amarrage sur 18 sites de plongée de son territoire, autour de Ratonneau, Pomègues, Planier, Maïre, Jarre, Plane, Grand Congloué ou Riou. Certaines restent en surface, d’autres deviennent des bouées de sub-surface de novembre à avril.

Ces mouillages permettent aux bateaux supports de plongée de s’arrêter sans ancrage classique. Ils limitent les gestes répétés qui finissent par marquer les fonds, sur des secteurs où l’on trouve herbiers de posidonie, roches, tombants et coralligène. Pour les clubs, associations, plongeurs autonomes et plaisanciers, la bouée rend aussi la règle visible: priorité aux activités de plongée, amarrage court, rotation des usages, conditions météo à respecter.

Le coût précis du marché d’étude n’apparaît pas dans le résumé public de la consultation. Les repères techniques de la DIRM Méditerranée donnent toutefois l’ordre de grandeur d’un projet complet: une ligne d’amarrage, avec ancrage, ligne et bouée ou coffre, se situe souvent entre 3 000 et 10 000 euros selon la profondeur, le fond et la taille du navire; la maintenance annuelle d’un ancrage est plutôt estimée entre 300 et 700 euros. La dépense n’est donc pas seulement l’achat d’une bouée. Elle inclut le choix du site, les relevés, les dossiers, la pose, l’entretien et la responsabilité du gestionnaire.

C’est précisément ce que la nouvelle étude doit sécuriser. Un mouillage de plongée touche au domaine public maritime et doit s’inscrire dans un empilement de règles: autorisation d’occupation, examen environnemental, incidences Natura 2000 quand le site s’y prête, articulation avec la navigation et les usages voisins. La DIRM insiste sur un point simple: dimensionner un mouillage suppose de regarder la fréquentation réelle, les vents, la profondeur, les fonds, les autres usagers et les positions proposées par les structures de plongée.

Cette consultation s’inscrit aussi dans le travail engagé autour des Calanques. Le Parc national a construit un schéma global d’organisation des mouillages pour mieux protéger les habitats marins et ordonner les activités nautiques du Frioul jusqu’à Saint-Cyr-sur-Mer. Le document prévoit notamment le recul de certains mouillages, des zones de mouillage sur bouées lorsque le sable manque et des interdictions dans les calanques les plus saturées.

La décision marseillaise est une prévention rationnelle, à condition de ne pas confondre équipement et laisser-passer. Dix bouées de plus protègent les fonds si elles sont placées là où les bateaux vont déjà, et si leur usage reste encadré. En mer aussi, l’espace public se règle au mètre près: à Marseille, cela peut commencer par un anneau blanc où l’on s’amarre sans gratter le fond.

Sources consultées
  1. Portail des marchés publics de la Ville de MarseilleDétail de la consultation 26_1760, Réalisation d'une étude préliminaire et dossiers réglementaires préalables à la pose de bouées de mouillage écologiques des sites de plongée
  2. Ville de MarseilleSites de plongée
  3. Parc national des CalanquesSchéma global de mouillage
  4. DIRM MéditerranéeFiches pratiques pour l’élaboration et la mise en œuvre de mouillages dédiés à la plongée sous-marine