L’AP-HM a attribué début juillet une assistance technique pour préparer le remplacement du traitement d’eau de dialyse de l’Hôpital de la Conception, à Marseille. Le contrat, confié à la Société du Canal de Provence, est plafonné à 154 340 euros HT pour une durée de 24 mois.
Ce montant ne paie pas encore les travaux. Il finance l’expertise qui doit permettre de remplacer une installation sensible: centrale de traitement d’eau, prétraitement, centrale de distribution d’acide et boucles de distribution associées. Dans l’avis de consultation, l’AP-HM indiquait que le phasage figure au cahier des charges.
À la Conception, le centre de néphrologie et de transplantation rénale compte 64 postes d’hémodialyse, 40 lits d’hospitalisation conventionnelle, 8 lits de soins intensifs et 4 lits d’hôpital de jour. L’hémodialyse y concerne des patients atteints d’insuffisance rénale et impose, pour les plus dépendants, trois à quatre séances par semaine de quatre à cinq heures. Quand ce service fonctionne, il repose aussi sur une chaîne industrielle cachée dans l’hôpital.
Une séance d’hémodialyse filtre le sang à travers une membrane artificielle. Pour produire le dialysat qui rend cette filtration possible, l’eau ne peut pas être une eau de robinet simplement améliorée. L’ANSM rappelait en 2025 que l’eau utilisée en dialyse est encadrée par des références techniques et sanitaires, avec osmose inverse, contrôles microbiologiques et recherche d’endotoxines. La qualité de l’eau n’est donc pas un confort de maintenance. Elle fait partie du soin.
Le chantier à venir pose une contrainte classique des hôpitaux lourds: remplacer l’installation tout en maintenant l’activité de dialyse. La même logique apparaissait déjà avec l’installation d’une troisième IRM à l’Hôpital Nord: moderniser un équipement ou un réseau dans un service qui ne peut pas se mettre entre parenthèses.
Le titulaire retenu, la Société du Canal de Provence, n’est pas un nom médical. C’est un opérateur régional de l’eau, domicilié au Tholonet, dont l’activité principale déclarée est le captage, le traitement et la distribution d’eau. Son intervention correspond au cœur du dossier: l’hôpital achète ici une compétence hydraulique pour sécuriser une activité médicale.
Dans le programme d’investissements 2026-2035 de l’AP-HM, chiffré à 883 millions d’euros, cette assistance technique reste modeste. Mais elle éclaire une part ordinaire et décisive de la modernisation hospitalière. Les grands projets attirent l’œil. La continuité des soins tient aussi à des boucles, des filtres, des osmoseurs, des vannes et des contrôles que les patients ne voient jamais.
Le coût des travaux de remplacement n’est pas encore rendu public. La prochaine étape devra dire comment l’AP-HM fera passer la Conception de l’ancien au nouveau système, tout en maintenant les séances de dialyse.
Sources consultées
- BOAMPAvis d’attribution n° 26-68068, 2026-0067 MAPA assistance technique à maîtrise d’ouvrage pour le remplacement du traitement d’eau de dialyse
- AW Solutions / profil acheteur AP-HMConsultation 2026-0067, assistance technique à maîtrise d’ouvrage pour le remplacement du traitement d’eau de dialyse, site Conception
- AP-HMCentre de néphrologie et de transplantation rénale, Hôpital de la Conception
- ANSMCompte-rendu du Comité français de pharmacopée, produits biologiques et thérapies innovantes, 24 janvier 2025
- AP-HMÉchos du Conseil de surveillance du 19 décembre 2025