Saint-Chamas prépare une nouvelle intervention sur ses falaises communales. La mairie a lancé une consultation pour des travaux de confortement rocheux, mais aussi pour l’entretien et la réhabilitation des canaux qui traversent ces falaises. Les offres sont attendues le 10 septembre 2026 à midi.
La mention des canaux rattache le chantier à un ensemble plus large que la seule stabilisation d’un front rocheux. À Saint-Chamas, la roche, les murs, les passages d’eau et les ouvrages anciens composent un même système fragile, au contact du village. Quand l’un bouge ou se dégrade, la commune doit traiter un relief habité, pas un simple talus.
Le montant prévisionnel du nouveau marché n’apparaît pas dans les éléments consultés. Mais le dossier a déjà une histoire budgétaire. En 2022, le conseil municipal suivait une autorisation de programme ouverte en 2016 pour la falaise du Baou. Son enveloppe était alors fixée à 672 613 euros hors taxes, soit 807 135,87 euros TTC. La même année, la commune avait confié à Hydrokarst un marché de confortement rocheux et de sécurisation des falaises des collines du Baou et des Moulières, pour un détail quantitatif estimatif de 140 122,80 euros TTC.
Trois ans plus tôt, les documents municipaux décrivaient déjà la mécanique du dossier. Le bureau Rocca et Terra intervenait comme assistant à maîtrise d’ouvrage pour dimensionner les protections contre les éboulements rocheux. Après une visite technique en juillet 2019, la commune avait identifié des travaux à mener à court terme : dévégétalisation de murs, déjointoiement, rejointoiement, béton projeté, pose et allongement de grillage plaqué. L’estimation atteignait 85 170 euros hors taxes, avec une demande d’aide départementale à 70 %.
La nouvelle consultation prolonge donc une gestion au long cours. Une falaise communale ne se répare pas comme un bâtiment que l’on inaugure une fois les échafaudages retirés. Elle s’inspecte, se purge, se maille, se reprend par tranches, avec des interventions qui mêlent sécurité, accès, eau, maçonnerie et paysage.
Dans les Bouches-du-Rhône, cette logique parle à d’autres communes exposées aux fronts rocheux, de Vitrolles aux Pennes-Mirabeau. À Saint-Chamas, elle a une couleur particulière : celle d’un village tenu par son relief, avec le Baou, les Moulières et désormais ces canaux qui rappellent que le risque naturel n’est jamais séparé des ouvrages construits pour vivre avec lui.
La prochaine étape est moins visible qu’un grand équipement public, mais elle est décisive pour le quotidien d’un lieu ancien : choisir l’entreprise qui ira travailler dans la roche et autour des canaux, là où la commune doit maintenir ensemble la pierre, l’eau et les ouvrages qui les relient.