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À Pinède Sud, Marseille-Fos veut gagner de la place sans gagner de terrain

Dans les bassins Est, le port organise le futur terminal RoRo/Ropax de Pinède Sud dans un port urbain déjà contraint.

Quais portuaires et remorques

Le Grand Port maritime de Marseille-Fos a fait paraître le 27 juin un nouvel avis lié au développement d’un terminal RoRo/Ropax à Pinède Sud, dans les bassins Est. Le dossier porte sur environ 70 500 m² desservis par les postes à quai 43, 44 et 48, avec un périmètre limité aux passagers de la zone Schengen.

Les pièces publiques consultées permettent de documenter le cadre de la procédure, mais pas d’identifier avec certitude un titulaire. Le contrat annoncé dans l’appel à concurrence publié en 2025 est estimé à 42 millions d’euros hors taxes, pour une mise à disposition prévue du 1er mai 2026 au 30 juin 2033. Le poste 42 est exclu. Le port fixe aussi des minima: 166 escales par an, 6 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel sur le site, une redevance domaniale fixe de 573 000 euros hors taxes par an et une garantie annuelle de 350 000 euros de recettes portuaires.

Un terminal RoRo fait passer des marchandises qui roulent: remorques, voitures, engins, véhicules utilitaires. Un terminal RoPax ajoute des passagers et leurs véhicules. Cette simplicité apparente demande beaucoup de sol. Il faut des rampes, des zones d’attente, des files, des contrôles, des circulations internes et des horaires tenus. Sur un quai urbain, la capacité ne se joue donc pas seulement à la longueur du bord à quai. Elle se joue dans l’ordre au sol.

Pinède Sud se situe dans les bassins Est, la partie marseillaise du port. Marseille-Fos les décrit comme un port méditerranéen de proximité pour les marchandises et les passagers, sur 400 hectares, quand les bassins Ouest de Fos portent les grands flux industriels et intercontinentaux. Pinède Sud figure déjà parmi les terminaux polyvalents, avec des activités RoRo, ConRo et conventionnelles vers le Maghreb et la Méditerranée.

Les trafics récents donnent du relief au dossier. En 2025, Marseille-Fos a traité 245 194 remorques, en hausse de 7 %, et 225 548 véhicules neufs, en hausse de 17 %. Le dossier de presse du port relie cette progression au dynamisme des lignes vers la Tunisie, la Turquie et le Maroc, à des flux corses et à de nouveaux mouvements automobiles. Les passagers et croisiéristes ont atteint 4,1 millions sur l’année.

La mention “passagers Schengen uniquement” n’est pas un détail administratif. Elle signifie que ce périmètre ne se confond pas avec les circuits internationaux vers le Maghreb, qui exigent d’autres contrôles. Le port cherche ici une pièce plus ciblée dans l’organisation des bassins Est: faire cohabiter fret roulant, voitures neuves, ferries, passagers, croisière et ville voisine sans ajouter de nouveaux hectares.

Après le raccordement électrique des quais du J4, qui concernait les paquebots près de la Major, Pinède Sud montre une autre mécanique portuaire, moins visible depuis la promenade. Le port ne promet pas un monument. Il encadre une capacité: des quais, des escales minimales, des recettes garanties et un opérateur attendu sur un métier précis.

C’est une décision d’affectation et d’exploitation, pas une annonce de façade. À Marseille, gagner de la capacité portuaire consiste parfois à mieux affecter trois postes à quai, quelques rampes et sept hectares de bitume, là où les remorques attendent leur bateau à Pinède Sud.

Sources consultées
  1. BOAMPProcédure de mise en concurrence pour le développement d’un Terminal RoRo/Ropax, avis n°26-63278
  2. Port de Marseille FosLes bassins
  3. Port de Marseille FosRésultats annuels 2025, dossier de presse