Article

À la RTM, le rail passe aussi par les habilitations

La RTM cherche des prestataires pour former ses agents aux métiers ferroviaires, à l’heure où son rôle ferré métropolitain s’élargit.

Agents RTM en formation ferroviaire

La RTM lance un marché pour former ses agents aux métiers du ferroviaire. La consultation, publiée le 26 juin, a une date limite de remise des offres fixée au 16 juillet. Elle porte sur huit lots, dont la conduite avec agrément EPSF, le matériel roulant, la voie, les tâches critiques de sécurité, le rattachement à un centre de formation agréé et des modules à distance.

Le montant n’est pas publié. Mais l’objet est parlant. Dans une métropole où les transports se racontent souvent par les rames neuves, les rails posés et les stations ouvertes, ce marché regarde une partie moins visible du système: les personnes qu’il faut former, évaluer et habiliter pour que le réseau tourne sans improvisation.

Le moment compte. Depuis le 1er janvier 2024, la RTM a repris des activités terrestres et ferroviaires auparavant confiées à la RDT13. La Métropole lui a mis à disposition du matériel roulant ferré, des dépôts et les lignes Pas-des-Lanciers-La Mède et Arles-Fontvieille. Elle lui a aussi confié, sur ces infrastructures, des missions de gestion, d’entretien, de maintenance, de suivi du système de sécurité et de gestion des circulations. La régie n’a donc plus seulement à faire fonctionner le réseau marseillais de bus, métro et tramway. Elle porte aussi des responsabilités ferroviaires métropolitaines plus larges, encadrées et peu visibles du grand public.

Cette charge arrive pendant une année dense. Le budget d’orientation 2026 de la RTM prévoit 55,2 millions de kilomètres produits, dont 2,9 millions pour le métro et 2,4 millions pour le tramway. La ligne T3 a été prolongée début 2026 de Gèze à La Gaye, avec 9,8 km de ligne, 22 stations et un nouveau dépôt à Sainte-Marguerite-Dromel. La Clé Publique a déjà montré, à propos de la T3 et des rames RTM, que le matériel roulant impose ses propres contraintes à l’exploitation. Les compétences font partie du même calcul.

Le nouveau métro renforce encore cette logique. Le programme Neomma représente 580 millions d’euros et 38 nouvelles rames Alstom. Il doit conduire progressivement les deux lignes vers le pilotage automatique intégral, avec une phase de cohabitation entre anciens et nouveaux matériels, d’abord en conduite semi-automatique sur la M2. Dans ce passage, les ateliers, les postes de supervision, les équipes de maintenance et les agents habilités comptent autant que l’image des rames.

Le cadre réglementaire pousse aussi à formaliser ces compétences. L’arrêté du 24 mars 2026, entré en vigueur le 1er avril, adapte le droit français aux règles européennes sur les tâches critiques pour la sécurité ferroviaire autres que la conduite. Il impose notamment de documenter les compétences professionnelles détenues par les personnels concernés.

Ce marché ne promet pas une amélioration visible sur le quai de Castellane ou à La Rose. Il dit autre chose: quand un réseau s’étend, se modernise et hérite d’infrastructures ferroviaires, il doit aussi fabriquer sa propre réserve de savoir-faire. À Marseille, une partie du transport métropolitain se joue désormais dans les salles de formation, les ateliers, les dépôts et les voies techniques de la RTM.

Sources consultées
  1. Nukema / avis de marché RTMPrestations de formation professionnelle des métiers du ferroviaire pour les agents de la Régie des Transports Métropolitains (RTM) - 8 LOTS
  2. RTMDébat d’orientation budgétaire 2026
  3. Métropole Aix-Marseille-Provence / RTMAvenant 21 au contrat d’obligations de service public
  4. RTMDébut 2026: ouverture des extensions Nord-Sud de la ligne de tramway T3
  5. Métropole Aix-Marseille-ProvenceLe nouveau métro de Marseille
  6. LégifranceArrêté du 24 mars 2026 relatif aux tâches critiques pour la sécurité ferroviaire autres que la conduite des trains